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mardi 2 juillet 2013

Je veux ce joooooob... Combat de pauvres !

PROJET SUSPENDU...(02/07/2013 - 18h30)

SUSPENDU MOMENTANÉMENT : MÉFIANCE donc !!!
Gare au retour sournois de ce projet indécent... Nous serons vigilants !

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CASTING : JE VEUX CE JOOOOOOB !


S'il s'agissait d'un gag, il n'aurait rien de drôle. Mais voilà, cet appel à candidatures pour une prochaine émission de télévision du service public n'est pas un gag et là, on s'étrangle! 

C'est que la RTBF, grisée par le succès de l'émission The Voice (succès en termes de parts de marché, étalon-or des médias), se sent pousser les ailes de la télé-réalité jusqu'à les brûler, à tant vouloir s'approcher des sunlights...

Classé dans la rubrique "Divertissement", sous des photos de Roberto Bellarosa, de Boys Band ou des indécrottables Frères Taloche, l'appel à candidatures nous éclaire sur le concept du nouveau "produit" : « Employer les moyens les plus étonnants pour intéresser un chef d'entreprise » (...)  « séduire et convaincre un futur employeur ». Bien entendu, l'annonce ne dit rien des conditions recherchées pour faire partie du casting, sinon que la motivation sera primordiale.
On achève bien les chevaux, version moderne ! La misère mise en spectacle, réduite à un divertissement, histoire de bien se détendre entre amis ou mieux, en famille. Un « grand divertissement familial dont les valeurs semblent a priori saines », avait dit Fadila Laanan à propos de The Voice, balayant les critiques d'un revers de la main...

Nausée ! 

A quand une émission « Je suis chômeur, je coûte cher à la société, aidez-moi à réussir mon suicide » ? Ce serait à peine pire...

Sur la page de l'appel, les réactions indignées pleuvent ! Et la RTBF TV d'intervenir, submergée par le flot de commentaires, pour tenter de sauver ce qui lui reste encore de crédibilité : « A travers différentes expériences, « Je veux ce jooob » souhaite montrer comment on peut optimaliser aujourd’hui la recherche d’emploi, celle-ci ne pouvant plus se résumer à l’envoi et à la lecture d’un CV. » 

Révélation ! 

Et la recherche des causes du chômage ? Vont-elles seulement être évoquées, dans l'émission ? Se résumera-t-on à marteler que si les chômeurs ne trouvent pas de travail, c'est parce qu'ils ne savent pas y faire ? Ou bien va-t-on consentir à faire ce simple calcul (niveau école primaire) qu'avec 450.000 chômeurs complets indemnisés (plus tous les autres, non repris dans les statistiques officielles du chômage, plus tous ceux qui en sont exclus), et à peine vingt à trente mille offres d'emploi, cela fait un minimum de 420.000 chômeurs qui, même en « optimalisant » leur recherche et en « employant les moyens les plus étonnants pour intéresser un chef d'entreprise » ne trouveront de toutes façons pas de travail?

Mais ces chiffres-là n'intéressent sans doute pas les concepteurs de l'émission : pas assez vendeur, pas assez de paillettes, pas assez de rêve...  Les seuls chiffres qu'ils aiment, c'est ceux de l'audimat et des montants versés par les annonceurs pour les coupures publicitaires de "Je veux ce joooooob!" qu'on devine déjà nombreuses, intempestives, intrusives, insupportables...

On est bien loin (une fois de plus) des missions de service public de la RTBF et la fronde qui s'est d'ores et déjà manifestée sur les réseaux sociaux n'est sans doute que le début d'autres actions, pétitions, plaintes à venir. Voyons si la morgue qui caractérise habituellement les responsables de la grande maison, enfermés dans leur perpétuelle tour d'ivoire d'auto-satisfaction, suffira cette fois à passer outre la vague de colère et d'écoeurement de ceux qui, à 70% financent son existence, mais chuuut, ce type d'argument, c'est du populisme !

Que dire enfin du rôle joué par Actiris dans cette affaire ? Les habitants de Bruxelles, inscrits comme demandeurs d'emploi, ont donc été des (dizaines de) milliers à recevoir un mail intitulé "Casting : Appel à candidatures" pour une émission de la RTBF, les enjoignant à se mettre en contact avec une société privée, s'il correspondaient à ce profil : « hommes et femmes, de tout âge, dans tous les secteurs d'activités ». Voilà qui est précis ! Ah oui, bien sûr : ce qui est primordial, c'est la motivation et l'ambition... Donc, si vous ne répondez pas à ce mail, c'est  l'aveu implicite que vous n'êtes ni motivé, ni ambitieux, à moins bien sûr que nous ne soyez ni un homme ni une femme, ni à la recherche d'un travail dans tous les secteurs d'activité. CQFD. 

Revenons au courriel d'Actiris. 
S'agit-il d'une offre d'emploi ? Non. Pas à proprement parler.
D'une proposition de formation, de stage ? Non plus...
Ce mail, la cause paraît entendue, s'apparente donc davantage à un courrier promotionnel, pour ne pas dire un spam. 
Et en destinataires de ce courrier ? La base de données complète des demandeurs d'emploi bruxellois, utilisée (détournée?) par Actiris (service public) pour la promotion d'une émission de la RTBF (service public)... Franchement, tout cela est-il bien sérieux ?  

Et puis surtout, tout cela est-il bien légal ? (*)

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(*) IMPORTANT !!!

Cette question RESTE à l'ordre du jour, malgré la suspension momentanée du projet d'émission de la RTBF. 
Un article de la Dernière Heure nous en dit d'ailleurs un peu plus, c'est édifiant !

 « Actiris a donc joué les casteurs en mettant gracieusement ses fichiers à disposition de la boîte de production Ebuco. "C’était l’une des options pour trouver des candidats pouvant être intéressés par l’expérience. Tous les demandeurs d’emploi n’ont pas été sollicités. Nos services internes ont établi une sélection sur la base de différents critères", explique Vincent Dewez, directeur de la communication chez Actiris. »  
En d'autres termes, un service public a mis des fichiers contenant des informations personnelles de milliers de demandeurs d'emploi à la disposition d'une société privée. C'est encore pire que ce qu'on ne pensait !

Si vous êtes chômeurs et que vous avez reçu le mail d'Actiris, écrire et porter plainte à la Commission de protection de la vie privée.
commission@privacycommission.be

Si vous souhaitez obtenir, de la part de RTBF89, une lettre type, des  liens vers de articles de presse pour étayer votre plainte, des informations complémentaires, vous pouvez nous envoyer un mail à cette adresse : blogrtbf89@gmail.com


Adresses utiles :
Porter plainte à la RTBF : mediationrtbf@rtbf.be
Porter plainte auprès du CSA : http://www.csa.be/messages/new?type=complaint
Porter plainte auprès d'Actiris : Plaintesklachten@actiris.be
Pour les chômeurs ayant fait l'objet de ce courrier : Commission de protection de la vie privée (utilisation détournée de son fichier de données personnelles) : commission@privacycommission.be

En cas de pétition, d'action ou d'interpellation à venir, toutes les informations seront publiées en temps utiles ici même ainsi que sur notre page Facebook

A lire aussi :
Arrêt sur Images (France, 02/07/2013) : Belgique : Chômage / téléréalité : émission "suspendue" à la RTBF 
Actiris se lance dans la télé réalité, par Philippe Jadin
Actiris + RTBF = Je veux ce joooooob! sur le site de l'asbl SMartBe
"Je veux ce joooooob!", provisoirement suspendu La Libre Belgique (02/07/2013)

dimanche 23 décembre 2012

Combat de riches...



C’est la question qui semblait tarauder son administrateur général Jean-Paul Philippot, dans un article paru le 7 novembre dernier dans Le Soir, annonçant dans la foulée que la vente des bâtiments Reyers était envisagée comme piste de financement alternatif:
« Les responsables de la RTBF et de la Fédération Wallonie-Bruxelles examinent la piste du « sale and leaseback », cette technique financière qui consiste pour une société à vendre ses actifs à une entreprise spécialisée qui va ensuite lui louer ceux-ci pour une durée déterminée. L’avantage? Un gain en capital immédiat.» 

« Ce que je ne veux pas pour la RTBF, c’est un plan social », insistait à son tour la ministre de tutelle, Fadila Laanan, vendredi soir, après l'adoption par le conseil d'administration du nouveau contrat de gestion 2013-2017. Et d'ajouter que la vente du patrimoine devrait, par ailleurs, amener "un peu de souffle" à l'entreprise...

Admirable convergence des points de vue !


Dans une interview devant le sapin de Noël , la Ministre le rappelait : « Nous sommes dans une situation sociale qui est difficile, mais les solutions envisagées permettront à la RTBF  d’être dans un contrat de gestion ambitieux mais réaliste ... et qui permettra même de rêver à des projets nouveaux » (si si).

Pas de licenciements secs...

On ne licencie pas, on se contente "juste" de ne pas remplacer le départ à la retraite d'un sexagénaire sur trois, soit une cinquantaine de personnes. Certes, mais on peut tourner la chose comme on veut, diminuer sans remplacer revient, au bout du compte, à augmenter la charge de travail de ceux qui restent...
Est-ce cela, « éviter un plan social » ?

Et qu'en est-il des pigistes, dont rien, absolument rien ne garantit l'avenir au sein de l'entreprise ? A quelle sauce seront-ils mangés ?

Ce lundi 17 décembre, nous avons publié ici même, une lettre anonyme de l'un d'entre eux. En quelques jours, cette lettre a été lue par plus de cinq mille internautes et a suscité de nombreux commentaires. Bien sûr, on pourra toujours arguer du fait que ces témoignages, puisqu'ils sont anonymes, ne prouvent pas grand chose, pour ne pas dire rien, et qu'ils émanent sans doute de gens mal dans leur peau, de passéistes ou de revanchards qui ont de vieux comptes à régler avec la Grande Maison où ils n'ont pas su trouver leur place... Argumentation classique pour balayer d'un revers de la main toutes les critiques, d'évacuer tous les sujets qui fâchent.
En tant qu'auditeurs et téléspectateurs attentifs et attachés à la notion de service public et donc, amenés à faire part de nos critiques, nous avons pu "apprécier" par nous-mêmes ces visions caricaturales et réductrices qui faisaient de nous des "cybernostalgiques" aigris, des éternels râleurs incapables de vivre avec notre temps. On s'y fait, à ces sobriquets et à cette morgue qui coupe court à tout dialogue, ou bien on passe à autre chose, de guerre lasse... Mais de l'intérieur, comment vit-on cela ?

Anonyme, critiquable, subjective... Peut-être, mais cette "bouteille à la mer" et les commentaires qu'elle a suscités, renforcent le sentiment que l'on a, de l'extérieur, sur les choix de programmation et sur cette lente descente vers le formatage des émissions, entamée depuis longtemps déjà mais qui est, depuis quelques années, passée dans une phase d'accélération spectaculaire autant qu'inquiétante !

Aux constats affligeants et affligés sur les préférences, tantôt farouchement niées, tantôt décomplexées, pour « l'infotainment » et la télévision (surtout la télévision) « de divertissement passif », s'ajoutent bien des questions sur la gestion même de l'entreprise publique autonome à caractère culturel qu'est la RTBF (sans oublier ses filiales : RMB, Casa Kafka, DreamWall, Keywall, Sonuma, Feri et Frey).



La gestion des ressources humaines, notamment, a de quoi laisser pantois... La souffrance est palpable, entre besoin de parler et peur de le faire autrement que sous couvert de l'anonymat. Peu crédible ? La vitesse à laquelle l'article s'est propagé, via les réseaux sociaux, tendrait à prouver plutôt que cette lettre "parle vrai" et que ce qu'on y décrit ne peut plus être tu. Les statuts de pigistes se multiplient, deviennent la règle, permettent de pouvoir compter sur un personnel docile qui jamais ne cherchera à sortir du cadre qu'on lui a déterminé. D'autres sont ballotés d'un rôle à un autre, d'un tiroir à un autre tiroir, placardisés, réduits à exécuter des programmes clé sur porte conçus par des sociétés privées...

Dans le même temps, nous dit un autre de ces anonymes, « vous subissez les effets de la gestion de l'armée pléthorique des dirigeants mise en place par Jean-Paul Philippot. Ils donnent l'impression de fonctionner comme s'ils étaient chez Belgacom, Axa ou Procter & Gamble, au point que de nouvelles dispositions vous semblent complètement déconnectées du quotidien de la petite minorité de personnes qui produisent toujours des programmes. Beaucoup de ces directeurs qui vivent en vase clos pratiquent le mépris, qu'on doit sans doute enseigner dans les hautes écoles de gestion. On dirait qu'ils gèrent plus leur prochain rebondissement vers une autre société que leur domaine actuel. »

A la lueur de ce qui se profile à l'horizon, tout cela fait sens, bien évidemment ! Et il y a de quoi s'inquiéter grandement de l'avenir de la RTBF, lorsqu'on entend parler de « trouver de l'argent frais » ou de « réaliser des actifs » ... En y allant de la vente de ses bâtiments en « sale and leaseback », le risque est grand que la RTBF n'ouvre la voie à un démantèlement programmé, comme ceux qu'on a déjà connus par le passé pour des entreprises publiques devenues, méthodiquement et par étapes successives, des sociétés privées.
«La vente du patrimoine, par ailleurs, devra amener un peu de souffle à l'entreprise », nous dit Fadila Laanan. C'est un oxymore ?
Quand bien même cela apporterait un peu de souffle (= liquidités), c'est évidemment la façon dont ce "capital" sera utilisé qui importe, dans quoi il sera investi...Si c'est pour améliorer le sort des travailleurs, auquel semblent tellement tenir Jean-Paul Philippot et Fadila Laanan, très bien... Mais compte tenu des témoignages qui continuent de nous arriver, cette perspective paraît peu probable.

« Le groupe audiovisuel public va recevoir 1,5 million d’euros » nous dit-on ici. Le « groupe », c'est très différent de « la RTBF »... et il y a, dès lors, toutes les chances pour que ce million et demi d'euros échoue dans la poche de cadres de la RTBF... sinon de l'une de ses filiales.

Mais on les entend hurler d'ici au procès d'intention ! Ah, les choses seraient tellement plus simples (saines) si les citoyens, parce qu'ils contribuent au financement de la RTBF à hauteur de 70%, avaient un droit de regard sur les comptes de l'entreprise... Des comptes détaillés, car des bilans, ça ne signifie pas grand chose. Que coûtent les heures d'antenne consacrées au Football ou à la Formule 1 et à leurs envoyés spéciaux ? Combien coûte l'émission The Voice et combien rapporte-t-elle ? Combien a coûté la construction des studios Media Rives ? Que représente la masse salariale des travailleurs et combien représente celle des directeurs ? Y a-t-il des primes à l'audimat ?
Histoire, le cas échant, de faire taire les mauvaises langues, et d'être en mesure d'apprécier si, oui ou non, les choix des ingénieurs commerciaux aux commandes de la RTBF sont compatibles avec le statut d'entreprise publique autonome à caractère culturel qui lui correspond... ou s'il ne s'agit pas plutôt d'invoquer, la main sur le coeur, le sort des travailleurs, tout en lorgnant cyniquement sur le « retour sur investissements » dont les mêmes, toujours les mêmes, bénéficient au bout du compte. Jusqu'au jour où, à tant tirer sur la corde...

Mais n'anticipons pas, car voilà qu'entretemps, le contrat de gestion a été signé vendredi soir, et des échos qui nous reviennent, globalement positifs... Un certain nombre de suggestions auraient été entendus (suppression des coupures publicitaires et du placement de produits, médiation,...).
Tout en nous réjouissant, si tel est le cas, il nous est difficile à ce stade, et tant que nous n'aurons pas vu la couleur de ce contrat, de chanter victoire uniquement sur la base d'articles, d'interviews ou de déclarations qui ne sont jamais, après tout, que des exercices pratiques de communication bien rôdés.

Et quand bien même il y aurait vraiment de quoi se réjouir, il serait illusoire de penser que par la magie d'un contrat de gestion, les professionnels de la RTBF, journalistes, réalisateurs, producteurs, cadreurs, techniciens du son, scriptes, statutaires ou pigistes... puissent concrétiser valablement les missions du service public sans une profonde remise en question de la part de la direction sur ses méthodes de management à coup de « La situation est difficile, accrochez-vous, car seuls les plus forts résisteront aux changements. Ceux qui sont trop faibles tomberont en chemin. »


Trouver de l'argent pour combler les mauvais choix - peut-être même la gabegie - de ceux d'en haut, tout en faisant croire que c'est pour soulager ceux d'en bas et en les dressant les uns contre les autres au quotidien...

Combat de riches !

Nous n'y souscrivons pas.

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lundi 4 juillet 2011

Courrier à la médiation de la RTBF : suites...

From: mediationrtbf@rtbf.be
To: isabelle_marchal@hotmail.com
CC:
Subject: RE : Jeu des dictionnaires et Service public [#44634]
Date: Fri, 1 Jul 2011 11:13:14 +0200


Cet article fait suite au courrier envoyé à la médiation de la RTBF et publié sur ce blog :
http://rtbf89.blogspot.com/2011/06/courrier-au-service-de-mediation-de-la.html

Madame,

Votre long courriel adressé au service de médiation de la RTBF n’est bien parvenu et j’en ai pris connaissance avec attention.

Les questions qu’il évoque font partie, quasiment dans leur intégralité, d’une réflexion qui traverse la RTBF, quels que soient ses pans d’activité.

En effet, comment les organes de gestion (comité de direction et conseil d’administration) pourraient-ils décider en connaissance de cause des allocations budgétaires, des mises en production et des politiques d’achat déterminant les grilles de programmes sans une conscience aigue des missions de service public dévolues à la RTBF ?

Comment les directions de chaîne et les responsables de programmation radio et TV pourraient-ils mettre ces décisions en application sans une volonté tout aussi aigue de concilier le respect des obligations de service publics contenues dans les textes légaux et les légitimes exigences de leurs publics ?

Et il va sans dire que ces équations doivent tenir compte d’une situation budgétaire complexe dans la mesure où les marges de manœuvre sont étroites, voire inexistantes. Pour le dire autrement, l’ensemble des missions de la RTBF ne peut être rencontré aujourd’hui que dans un cadre budgétaire qui englobe subvention et recettes commerciales. On peut le regretter, on peut même le déplorer mais les faits sont ce qu’ils sont et je vous invite à consulter les bilan et comptes édités dans la partie « Entreprise » de notre site Internet pour vous en assurer.

L’étude indépendante sur le financement de la RTBF commandée par le gouvernement de la Communauté française au cabinet Deloitte ne fait que confirmer cette situation.
Vous regrettez la décision de la Direction générale de la radio et du Directeur de La Première de mettre un coup d’arrêt aux émissions « Le jeu des dictionnaires » et « La semaine infernale », c’est votre droit tout à fait légitime d’auditrice et vos regrets sont partagés par d’autres, y compris au sein de la RTBF. [NB : ce n'est pas ce que j'ai écrit : j'ai parlé des circonstances dans lesquelles ça s'était passé, précisément pour ne pas tomber dans le débat émotionnel et réducteur du "j'aime, donc il faut garder le JDD/je n'aime pas, donc il faut le supprimer"]


L’expérience a marqué tous ceux qui ont eu la chance de l’écouter comme ceux qui y ont participé activement. L’héritage laissé n’en est que plus exceptionnel et place haut, la barre de l’ambition que nous devons avoir dans le domaine de l’humour et de l’impertinence. Il incite en tout cas la RTBF à envisager de nouveaux projets bien dans le ton nouveau de La Première, avec les talents qu’elle recèle et prolongeant l’histoire si bien écrite dans le jeu des dictionnaires et la semaine infernale.

Pour leur part, Olivier Monssens et Frédéric Dubus nous rejoignent pour raconter la leur… Puis-je simplement vous demander de juger, en toute objectivité, du résultat concret du travail de cette nouvelle équipe lorsqu’elle sera à l’antenne ?

[NB : Je n'ai pas parlé d'eux : j'ai simplement dit craindre une augmentation des interruptions publicitaires de la future émission.]

Je voudrais vous indiquer le profond respect que nous avons, à la médiation comme dans les autres services de la RTBF, de la parole des auditeurs et téléspectateurs : lorsque vous évoquez la perte de confiance que vous ressentez à l’égard de la RTBF, nous ne pouvons qu’être interpellés et nous remettre en question.

La RTBF doit conserver une place significative dans le paysage audiovisuel de notre pays, légitimée notamment par le public qui suit ses programmes. C’est la raison pour laquelle elle propose, dans la mesure de ses moyens, des développements technologiques et conserve en point de mire le principe évident d’évolution qui doit être en trame de son travail éditorial.

Enfin, je voudrais conclure en rappelant combien les membres du personnel de la RTBF, et particulièrement l’équipe du Jeu des dictionnaires et de la Semaine infernale, ont été choqués d’apprendre l’arrêt des émissions par voie de presse écrite.

La communication directe vers le personnel était la priorité de la direction mais un scoop a bousculé le tout… La direction de la radio s’en est expliquée avec l’équipe concernée d’abord, auprès du reste du personnel et publiquement sur antenne ensuite.


Veuillez croire en mes sentiments distingués,

Service de Médiation de la RTBF

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Ma réaction, envoyée ce 04/07/11 à 23 heures.

Chère Madame,

Je vous remercie d'avoir pris le temps de répondre à ma longue lettre en me donnant des pistes de réflexion que je ne manquerai pas de creuser, dans le sens déjà développé, sur le service public, ses missions, le rôle du citoyen, ses droits.

Mais ce sera pour la fin du mois d'août.
D'ici là, tant d'eau peut couler sous les ponts, tandis que chacun savoure ses vacances...

Je pourrai alors mettre un passage de votre lettre, que je relève aujourd'hui, en perspective avec la réalité tangible et concrète de la nouvelle grille des programmes :

Je voudrais vous indiquer le profond respect que nous avons, à la médiation comme dans les autres services de la RTBF, de la parole des auditeurs et téléspectateurs : lorsque vous évoquez la perte de confiance que vous ressentez à l’égard de la RTBF, nous ne pouvons qu’être interpellés et nous remettre en question.

Je n'ai aucun doute qu'à la médiation comme dans d'autres services de la RTBF, ce profond respect existe bel et bien. Sachez que je mesure combien il doit être pénible, lorsque cette perte de confiance arrive jusqu'à vous, d'avoir à gérer des courriers qui l'expriment, chacun à leur manière (longuement, comme le mien!), souvent lorsque la coupe est pleine, vous éclaboussant au passage. 

Mais, comme Saint Thomas (à ce qu'il paraît), j'attends de voir pour croire que la remise en question dont vous me parlez, si elle a circulé dans la maison, a effectivement gravi les échelons de la hiérarchie jusqu'à interpeler les preneurs de décisions.

Car c'est essentiellement à eux que j'ai pensé et que je pense généralement, lorsque je m'adresse à la médiation. C'est donc surtout de leur côté que la citoyenne que je suis attend le nécessaire, sinon l'indispensable recentrage de la RTBF sur les missions spécifiques au service public... plutôt que d'être confrontée au spectacle désolant d'une lutte éperdue avec la concurrence privée sur des terrains où celle-ci est, de toutes façons, plus aguerrie, qu'il s'agisse de radio ou de télévision. 

Ce que j'ai lu, par exemple, de la récente conférence de presse de François Tron, monté en renfort "pour couper court "aux bruits qui circulent" sur l'émission The Voice me laisse à penser que le directeur de la Télevision ne se sent nullement interpelé  ni enclin à la moindre remise en question.

"Une opportunité incroyable" qui va "faire taire les critiques non fondées" des "détracteurs" (...)
"Contrairement à ce que j'ai lu ou vu, sur cet outil de production, les équipes de la RTBF vont travailler : les équipes artistiques, les équipes culturelles, les équipes de productions, les équipes techniques. Nous avons acheté un format avec un producteur qui s'appelle Endemol et Talpa mais l'ensemble des équipes va travailler autour de ce projet".
http://www.rtbf.be/info/medias/detail_the-voice-une-nouvelle-emission-de-divertissement-bousculant-pour-la-rtbf?id=6389033

Personne, à ma connaissance, n'avait compris que la RTBF allait embaucher, pour la circonstance, des gens de chez Endemol...

Ce qu'on a bien compris, en revanche, c'est que ce format (de là, le substantif formatage) est fort peu propice à l'application du contrat de gestion, plus précisément de l'Article 48.

Article 48 - Créativité :
La RTBF veille par des mécanismes internes à soutenir la créativité culturelle et artistique et l'innovation technologique de son personnel.
http://www.fadilalaanan.net/downloads/pdf/ContratdeGestionRTBF2007_2011.pdf


On le voit, tout est lié... et ce qui s'apprente à un saut du coq à l'âne ramène finalement, encore et toujours, au service public et à ses missions.

Vaste débat pour l'instant confisqué au citoyen.
"Soyons curieux"  et voyons ce qui se cache derrière cette remise en question...

Mais ce sera probablement pour la fin du mois d'août.
D'ici là, tant d'eau peut couler sous les ponts, tandis que, tout en restant vigilant, chacun savoure ses vacances...

Je souhaite que les vôtres soient excellentes !

Cordialement,

Isabelle Marchal


Copies envoyées à :
Jean-Paul Philippot : jg@rtbf.be
Jean-Pierre Hautier : lpdirection@rtbf.be
Francis Goffin : dgradio@rtbf.be
Francois Tron : dirtv@rtbf.be
Source : Qui est qui à la RTBF ?
Cabinet de la Ministre de tutelle Fadila Laanan : info.laanan@cfwb.be
Jean-François Lauwens (adresse supposée correcte) : jean-francois.lauwens@lesoir.be
 

mardi 28 juin 2011

Un grand NON à l’émission « The Voice » à la RTBF - Un grand OUI au Service public !



La pétition
A l'attention de : Jean-Paul Philippot, Administrateur général de la RTBF et son Conseil d'Administration, ainsi que la Ministre Fadila Laanan




[Avant de signer cette pétition, prenez bien connaissance de l'ensemble du texte ci-dessous et n'hésitez pas à poster des commentaires si vous souhaitez appuyer ou nuancer l'un ou l'autre de ses points. Cette pétition s'attache notamment au fait que The Voice est une émission formatée et importée ne permettant pas aux professionnels de la RTBF d'exprimer leur créativité, leur originalité, leur potentiel. Elle ne constitue cependant pas une fin en soi : créée par quelques téléspectateurs et citoyens attentifs et conscients du rôle des médias dans notre société, elle propose une réflexion plus large sur le service public. Il ne tient qu'à vous que cette réflexion devienne également la vôtre.]

Un grand NON à l’émission « The Voice » à la RTBF - Un grand OUI au Service public !

Nous avons appris le projet de la RTBF d’acheter à la firme Endemol le format de son émission «The Voice». Nous constatons, et le fait n'est pas neuf, que cette annonce intervient à la veille des vacances, tablant sans aucun doute sur la baisse d'attention du citoyen ainsi que sur sa faible capacité de mobilisation en cette période pour le placer devant le fait accompli à son retour de congés. Cette stratégie n'honore pas ceux qui la pratiquent, encore moins quand il s'agit d'une stratégie à répétion... (voir tout récemment le Jeu des Dictionnaires et la tranche 16h-19h de la Première "pas encore fixée")

Fadila Laanan, Ministre de tutelle de la RTBF défend son projet en ces termes :

« La ministre a rappelé l’autonomie dont dispose la RTBF, ainsi que la présence des divertissements dans ses missions de service public. Parlant de « grand divertissement familial dont les valeurs semblent a priori saines ».
Nous espérons que l'examen du dossier a dépassé le stade du simple "a priori".

Nous déplorons qu'il soit fait appel aux « missions de divertissement » du service public pour justifier l'achat de ce programme "clé sur porte" à une société privée. Ce type d’émission est, du reste, à rapprocher plutôt de la télé-réalité que du divertissement et le Contrat de gestion de la RTBF ne prévoit aucune mission en ce sens.

Nous tenons à rappeler à la RTBF qu’elle s’est déjà fait épingler par le CSA pour avoir classé son émission «C’est du belge» (le « magazine de l’excellence » qui nous parle de la famille royale) dans ses missions «d’éducation permanente»… Elle n’en est donc pas à son coup d’essai en matière de confusion des genres.

Constatant que la préoccupation essentielle de la RTBF est aujourd’hui de « faire de l’audience » pour attirer les annonceurs publicitaires, nous tenons à signaler à Madame la Ministre et à Jean-Paul Philippot, Administrateur délégué de la RTBF, le très net « essoufflement » constaté dans les audiences de TF1 pour ses émissions de télé-réalité. Tout passe, tout lasse, tout casse.

Nous leur rappelons également qu’en mars 2007, JF Lauwens, journaliste au Soir et spécialiste de la RTBF, s’exprimait ainsi dans une interview :
« Un cas récent, et qui est très révélateur, c’est RTL TVI qui a voulu lancer une version belge de la Star Academy. RTL a directement stoppé l’expérience après un an parce que le public comparait l’émission belge avec celle de TF1. C’est comme si RTL avait une Lada et TF1 une Ferrari…»

La RTBF n'est-elle pas sur le point d'acheter une vieille guimbarde au prix d'une Ferrari, fût-elle d'occasion ?

Nous ne doutons évidemment pas que l'émission The Voice fera l'objet de nombreuses interruptions publicitaires. Est-ce cela que Fadila Laanan appelle un « grand divertissement familial dont les valeurs semblent a priori saines » ?
« Il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation (...) de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. »
Ainsi s'exprimait Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1. La chaîne annonce d'ailleurs le même programme pour début 2012... mais avec à coup sûr d'autres moyens que la RTBF. De quoi provoquer rapidement une "fuite des cerveaux disponibles" dès que TF1 entrera dans la danse...

« Les téléspectateurs ne reconnaissent plus la RTBF pour ce qu'elle devrait être: ce n'est plus une télévision culturelle, intelligente, dérangeante, drôle."

C’est le constat que faisait (déjà) Hugues Lepaige en février 2005 dans un numéro de la revue Politique intitulé « RTBF : L’être ou le néant »


Nous rappelons qu’un document appelé pompeusement la Charte de l’Identité et des Valeurs de la RTBF (sorte de « folder publicitaire » de la RTBF, sans aucune valeur juridique) commence par ces mots :

« Fidèle à sa mission de service public, la RTBF a comme objectif de s’adresser à toutes les audiences, à leur curiosité, à leur capacité d’étonnement et de rêve, à leur intelligence. Nous voulons répondre à leurs intérêts et à leurs besoins sociaux et culturels, refléter leurs émotions (…)
Ainsi, nous voulons marquer la différence.»


Dans le cas de l'émission The Voice, peut-on nous indiquer où est la différence ?

Il est vrai que le seul document qui engage réellement la RTBF est le Contrat de gestion et qu’il contient 14 fois la formule « dans la mesure du possible » et 7 fois « selon une (des) périodicité(s) décidée(s) par son Conseil d’Administration."
Autant dire que ça ne l’engage pas à grand-chose…


Ce contrat de gestion arrive à échéance fin 2012 et sera rediscuté à partir du mois d’octobre 2011. Il serait peut-être sain, voire naturel, d'associer les citoyens, actionnaires à 70% de la RTBF, à son processus d’élaboration afin que le détricotage du service public, entamé voici plusieurs années maintenant, ne se poursuive pas davantage et puisque, de toute évidence, les mandataires qui sont censés nous représenter dans ce dossier ne représentent plus qu'eux-mêmes et quelques intérêts de moins en moins publics et de plus en plus privés... à l'image de l'argent qui sort de notre poche à tous pour finir dans l'escarcelle de la société privée Endemol. Et on nous parlera ensuite de faire des économies !

En attendant, et concernant l’émission clé sur porte The Voice… C’est NON ! Faisons plutôt appel à nos talents, et il y en a : donnons-leur l'opportunité de pouvoir exprimer leur pleine mesure.

Et s'il devait s'avérer, dans les jours ou les semaines qui viennent, qu'il est déjà trop tard parce que vous auriez opté pour la politique déshonorante du (for)fait accompli, nous signalons à ceux qui le souhaitent qu'il serait encore temps d'écrire, comme ils en ont le droit, à mediationrtbf@rtbf.be (pas de lettre-type, ce serait considéré comme un spam).
Nous espérons que le service de médiation jouera son rôle, au lieu de se borner, pour toute réponse, à l'envoi d'une lettre-type (spam ?) où sont consignés les mots, les modèles de gestion et les choix déjà entérinés de la direction de la RTBF avec l'assentiment et l'appui de son pouvoir de tutelle.

Des actionnaires attentifs de la RTBF


Pétition

[NB pour les signataires de la pétition : à la rentrée, restez informés des suites de ce dossier et n'hésitez pas à relancer la pétition auprès de vos amis et à en parler avec eux dès que le sujet revient dans l'actualité. Soyons tenaces, y compris et surtout au moment où l'émission sera lancée, à grand renfort d'auto-promo (il se confirme que ce serait pour le mois de novembre). La RTBF espère que les gens vont se fatiguer, c'est donc le contraire qu'il faut faire : continuer de mettre la pression avec, en point de mire, un service public digne de ce nom, en partant des programmes les plus légers aux programmes les plus graves, mais portant tous la marque de la qualité et de la différence.] (Paraphe ajouté le 28/06/11)

mercredi 22 juin 2011

Télé - réalité et carrière artistique ??

La ministre de la Culture Fadila Laanan défend le projet de la RTBF d’acheter à la firme Endemol le format de son émission «The Voice»
Une adaptation ertébéenne de "The Voice" est en négociation et suivrait le canevas d’Endemol : quatre chanteurs confirmés seraient amenés à sélectionner et à former (en 17 semaines), 56 « talents » issus de la Communauté française.
Selon Madame Lanaan, qui parle de "grand divertissement familial dont les valeurs semblent a priori saines,l’apport d’une formation pour ceux qui souhaitent se lancer dans une carrière artistique n'est pas à négliger".Je me permets d'en douter ... Si téléréalité rimait avec culture artistique cela se saurait depuis longtemps ! En tout cas, téléréalité ne rime pas avec service public.
Tout bien réfléchi, téléréalité ne rime à rien ...
Pour plus d'infos voir l'article du Soir

Pétition :
Un grand NON à l’émission « The Voice » à la RTBF - Un grand OUI au Service public !

mardi 21 juin 2011

Courrier au service de médiation de la RTBF. Objet : Service public, Jeu des dictionnaires et Valeurs RTBF...


















(Copies envoyées à Jean-Paul Philippot, Jean-Pierre Hautier, Francis Goffin, Fadila Laanan et Jean-François Lauwens)

Les suites à ce courrier sont publiées ici sur le blog :
http://rtbf89.blogspot.com/2011/07/from-mediationrtbfrtbf.html

Bonjour,

Suite à l'annonce, la semaine dernière, de la suppression du Jeu des Dictionnaires à la rentrée de septembre, je voudrais vous faire part de ce qui suit.

Avant tout, et pour que nous soyons sûrs de bien nous comprendre, j'aimerais insister sur le fait c’est à la RTBF que je m’adresse en tant que service public financé à hauteur de 70% par l'argent des citoyens, qui en sont, par conséquent, les actionnaires majoritaires, et que la RTBF est supposée représenter.

J'ai donc appris la semaine dernière que la direction de la RTBF avait décidé de mettre fin aux émissions le Jeu des Dictionnaires et la Semaine infernale.
http://www.lesoir.be/culture/medias/2011-06-17/le-jeu-des-dictionnaires-c-est-fini-846160.php
Tout d'abord, permettez-moi de m'étonner d'apprendre ce type d'info par la presse écrite, sous la plume de Jean-François Lauwens, et non de la bouche d'un des directeurs de la RTBF, sur les antennes de notre radio publique.

"Les patrons de la RTBF-Radio et de La Première, Francis Goffin et Jean-Pierre Hautier, ont décidé de mettre un terme à une émission qui, depuis 1989, était devenue une véritable institution dans le paysage radio francophone.
(...)
L’information en soi est déjà un événement dans le petit monde la radio belge, généralement très calme. Mais la suite ne manque pas de sel non plus. Pour remplacer le vieillissant programme enregistré en rafale, La Première a jeté son dévolu sur un tandem qui officiera quotidiennement en direct. Il se compose d’Olivier Monssens, actuellement sur les antennes de Classic 21 et de Be TV, et de duBus."

On le voit, Jean-François Lauwens est visiblement bien informé de ce qui se trame en interne à la RTBF.

A l'étonnement de trouver tant de détails dans l'article succède l'indignation en apprenant que les membres de l'équipe du JDD n'ont pas été informés préalablement de cette décision.

Bien sûr, j'entends d'ici les directeurs pousser les hauts cris : Comment ! Mais de quel droit et à quel titre cette auditrice ose-t-elle s'indigner ? Eh bien comme je vous le disais plus haut, parce que je contribue à 70% au salaire des directeurs en question et que d’éventer, en externe, une nouvelle qui concerne l’avenir professionnel de membres d’une entreprise n’est pas l’idée que je me fais de managers efficaces et scrupuleux.

Les explications de Francis Goffin, le lendemain au Grand Huit furent très peu convaincantes :
http://archives.lesoir.be/radio-francis-goffin-rtbf-s-explique-sur-la-fin_t-20110618-01FRL8.html?query=goffin+&firstHit=0&by=10&sort=datedesc&when=-1&queryor=goffin+&pos=2&all=2325&nav=1

« Je tiens à m’excuser auprès de l’équipe du Jeu des dictionnaires, glisse Francis Goffin. Il n’était pas prévu qu’elle apprenne la nouvelle par la presse.»

Pas prévu… Il « glisse »…

"Cela étant, il ne s’agit évidemment pas d’un désaveu. Mais rien n’est éternel, pas plus en radio qu’ailleurs."

En effet : le verbe « glisser » était fort à propos : Francis Goffin vient déjà de glisser vers autre chose.

J’étais moi-même à l’écoute du Grand Huit, ce samedi matin :

"Tout d'abord, je voudrais commencer par une bonne nouvelle : Le JDD a duré 22 ans et la Semaine infernale, 24 ans"..."

Pourriez-vous « glisser » aux responsables de la communication de la RTBF qu’il est inutile et hautement risible de vouloir tempérer une mauvaise nouvelle par l’annonce d’une platitude positive qui ne nous apprend rien ?
C’est une ficelle usée, archi-usée, totalement ringarde et qui ne dupe personne, ni dans le cas de la RTBF, ni en politique, ni dans l’annonce d’un plan de restructuration d’entreprise…
Cela ne marche plus ! Et encore, nous n’avions pas l’image ! Nous avons échappé au sourire Pepsodent qui accompagne généralement ce type d’exercice d’échauffement musculaire (je parle des muscles zygomatiques). Affligeant !

"Ensuite, je voudrais dire que les auditeurs de la Première sont des auditeurs exigeants…"
Deuxième message à vos communicateurs : la pommade, ça ne marche plus non plus.

« Pour ce qui est de la suite, nous ne sommes pas encore fixés »
L’étonnement, l’indignation… et maintenant l’inquiétude. Y a-t-il un pilote, dans l’avion ? Mais je me doute que c’est une feinte et que le plan est déjà tout tracé ! Sacrés communicateurs !

Pour venir en aide au patron de la radio (à la peine tout de même, le pauvre, pendant que Jean-Pierre Hautier et Jean-Paul Philippot profitaient de leur samedi) on va chercher un témoignage d’une auditrice mécontente : « Je ne pourrais pas vivre sans le Jeu des dictionnaires ! »
Naturellement, c’est tout ce qu’on a cru bon de répercuter à l’antenne : une phrase écrite par quelqu’un visiblement sous le coup de l’émotion et de la colère et qui fait passer les auditeurs pour une bande de groupies incapables de maîtriser leurs nerfs…
On se doute bien que cette dame ne va pas mettre fin à ses jours, si l’émission passe à la trappe !
Cette manie d’aller chercher les témoignages les moins pertinents !

Car au-delà du débat, que je trouve légitime, sur le maintien ou non d’une émission qui a duré 22 ans, c’est bien de service public qu’il s’agit. L’expérience a prouvé à maintes reprises qu’à chaque fois qu’une émission a disparu de l’antenne, en radio ou en télé, celle qui l’a remplacée faisait la part plus belle aux annonceurs par la succession de séquences de plus en plus courtes permettant le passage d’un plus grand nombre de publicités. Et c’est cela que la plupart des auditeurs redoutent aujourd’hui.

Procès d’intention ? Pas sûr…

Tout récemment encore, en télé cette fois, on a supprimé l’émission Au Quotidien (50 minutes d’un seul tenant), que personnellement je ne regardais pas vu qu’à cette heure-là, je ne regarde pas la télé, mais qui avait, de toute évidence, trouvé son style et un public familial et diversifié (200.000 téléspectateurs par jour en moyenne).

L’émission a été remplacée par On n’est pas des Pigeons, (125.000 téléspectateurs par jour environ) http://www.tuner.be/actu.asp?id=143953&content=home&key=audiences
Moi je veux bien…
Je ne la regarde pas plus que la précédente, mais tout de même, avec le battage médiatique qu’on a fait là autour, la curiosité m’a poussée à y jeter un coup d’œil. Sans faire de procès à l’émission elle-même et à la qualité de ses animateurs, je constate néanmoins qu’elle est constituée de séquences d’une douzaine de minutes, entrecoupées de publicités : pas besoin d’aller plus loin, on a compris les raisons qui ont motivé le passage d’une émission à l’autre. C’est d’autant plus aberrant que le principe de l’émission prétend nous préserver des méfaits de la publicité… Allez comprendre !

Et c’est comme ça depuis plusieurs années, maintenant. On assiste à une dégradation du « service public » au profit des logiques dictées par les annonceurs. Et toujours en jurant la main sur le cœur que ce n’est pas le cas… ou qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour l’avenir.

On a eu droit au couplet « Jamais vous verrez de coupures publicitaires dans les films, à la RTBF ». On voit ce qu’il en est aujourd’hui ! Pas de votre faute, c’est « la crise ». Ah ! La crise…
Il est vrai qu’on se souvient avoir entendu la Ministre Fadila Laanan tacler un auditeur de Matin Première, en février 2008, un des ces impertinents qui se plaignait que la publicité devenait de plus en plus envahissante : « Refuser la publicité en radio/télé, c’est un truc de bobos ». Eh bien…

A toutes fins utiles, je signale que les chaînes nationales espagnoles ont supprimé toute publicité sur leurs antennes au 1er janvier 2010, ce qui a eu pour effet de faire remonter les audiences. Je n’ai pas les détails de la compensation financière pour combler le manque à gagner, mais je compte bien m’en informer : il y a peut-être des idées à creuser pour Madame la Ministre et son cabinet. Peut-être même, une idée de vidéo didactique et ludique, comme son équipe en a le secret.

Personnellement je reste très songeuse, lorsqu’on nous explique (pour nous faire peur) que la fin de la publicité, cela signifierait l’obligation d’augmenter la redevance annuelle. A ces mots, le citoyen frémit ! Mon argent ! Assez de taxes ! Laissez-nous nos publicités !
Encore récemment, une étude signée Deloitte Consultancy était étalée un peu partout dans les journaux, dans la rubrique « économie », histoire de bien enfoncer le clou.

Oui, mais… Il se trouve qu’une association française (Résistance à l’agression publicitaire) a commis il y a un an ou deux, une petite étude toute simple consistant à évaluer, en se basant sur les données des rapports annuels de société, ce que la publicité coûtait (en charges) à ces sociétés et qui, forcément, intervenait dans le calcul du prix de vente d’un produit.
http://antipub.org/spip.php?article96
On arrive ainsi à la coquette somme de 527€ par an et par personnes. Soit, pour une famille avec deux enfants, un budget annuel de plus de 2.000€. Je vous avoue que, personnellement, je préfèrerais que les sociétés fassent moins de pubs et baissent les prix de vente de leurs produits. Je paierais alors volontiers les quelques dizaines d’euros nécessaires pour combler le manque à gagner de la RTBF et être à tout jamais débarrassée des publicités à l’écran ou en radio !

On a eu droit aussi au couplet : « Jamais vous ne verrez d’émission de télé-réalité type Star Academy sur les antennes de la RTBF… On nous annonce à présent que la RTBF veut acheter l’émission The Voice à la société Endemol. Je vous signale tout de même que les émissions de télé-réalité sont en perte de vitesse et qu’en matière d’innovation on a déjà vu mieux qu’un concept qui commence à sentir le rance !

Et les exemples de ce type d’égarement du public sur les terrains de chasse du privé sont légions… les auditeurs et téléspectateurs ne sont pas dupes, allons !

Il suffit de lire les commentaires de la pétition pour s’apercevoir que cette notion de « service public », qui semble si difficile à cerner autant qu’à atteindre par nos top-managers, s’impose comme une évidence aux auditeurs : http://10065.lapetition.be/

Le monde est mal fait, tout de même ! Et ces auditeurs s’aperçoivent de la tendance de plus en plus claire de la RTBF à s’aligner, oh bien sûr, elle s’en défend, sur la concurrence au nom de l’audimat et de la rentabilité.

Non seulement, ses directeurs s’en défendent, mais lorsque, par miracle ou par chance, la critique arrive jusqu’à leurs oreilles, ce jugement, qui les étonne toujours, est aussitôt qualifié de « hâtif » de « procès d’intention » ou encore, de « tarte à la crème »…

Permettez-moi faire référence à la revue Politique, parue en Février 2005 : [ http://politique.eu.org/spip.php?article159 ]
C’est un numéro consacré pour l'essentiel à la RTBF et intitulé :
RTBF, l'Etre ou le néant
L'un des chapitres s'intitule : Programmation, la tentation du mimétisme.
Il est signé par Frédéric Antoine, professeur à l'Ecole de journalisme de Louvain (EJL) et membre de l'Observatoire du récit médiatique (ORM).

En voici un extrait :
"Alors que l'on eut pu croire que l'opérateur public aurait tenté de se distinguer de ce qu'il faut bien considérer comme ses compétiteurs, force est de constater que ce n'est pas une stratégie d'altérisation qui semble s'être imposée, mais celle d'une volonté de combattre les acteurs privés en recourant aux mêmes armes qu'eux, ou à tout le moins, aux même types d'armes."

Voici un autre extrait, sous la plume cette fois d'Hugues Le Paige, dans le chapitre Entre offre et demande : le grand écart :

"Un double langage
Officiellement, les dirigeants de la RTBF continuent à tenir les discours traditionnels des défenseurs du service public. Une sorte de schizophrénie s'est installée boulevard Reyers (...) Plus on affirme son identité, plus, en même temps, on glisse de fait vers un modèle inspiré des télévisions privées.


(...) Les téléspectateurs ne reconnaissent plus la RTBF pour ce qu'elle devrait être: ce n'est plus une télévision culturelle, intelligente, dérangeante, drôle."

Ce que j’ai pu lire ou entendre concernant ce qui nous attend pour remplacer le Jeu des dictionnaires ne fait, évidemment, que confirmer ces analyses de professionnels des médias.
Et ce serait un beau mot de la fin s’il n’y avait ce nouvel article de Jean-François Lauwens, paru dans le Soir du samedi 18/06/11.

Tout à la fin de l’article, je lis :

« Ceci s’inscrit dans notre volonté de rénover cette chaîne, ce qui a été fait avec succès avec Matin Première ou Le forum de midi. Le drive-time (NDLR : la fin de journée, 16 h - 19 h) sera notre grand chantier de la rentrée de septembre. Mais que nos auditeurs se rassurent : même sans Le jeu des dictionnaires, l’impertinence restera un axe primordial de La Première. »

http://archives.lesoir.be/radio-francis-goffin-rtbf-s-explique-sur-la-fin_t-20110618-01FRL8.html?query=impertinente&firstHit=0&by=10&sort=datedesc&when=-1&queryor=impertinente&pos=0&all=289&nav=1


Compte tenu de tout ce que j’ai expliqué précédemment, on comprendra que je ne suis pas du tout rassurée. Et que la tranche 16h -19h ne concerne pas uniquement le Jeu des dictionnaires…

Des projets innovants pour le 90 Minutes ? ? Vous les gardez au chaud pour la rentrée, histoire de faire une surprise à l’équipe ? Un concept mêlant infos et divertissements ? Cinq minutes de pubs, deux minutes d’infos, trois minutes d’humour ?

Je me souviens de l’émission Intermédias, au sujet du changement de la tranche infos télé, à grand renfort d’auto-promo. De nombreux courriers arrivés à ce sujet demandaient, nous disait-on, davantage d’analyse et moins de faits divers…
Le 90 Minutes nous offre cette approche de l’actualité et ce, de façon professionnelle, rigoureuse et dans le respect des auditeurs.

Le coup de poker menteur part-il de l’idée que, d’ici au mois de septembre, le soufflé du Jeu de Dictionnaires sera retombé et que les auditeurs, gorgés de soleil n’auront ni l’envie ni l’énergie de se mobiliser à nouveau pour une tranche d’infos ? Et puis, qui va se bouger pour défendre un journal parlé, je vous le demande…

Encore un procès d’intention ?

Peut-être… Mais il est vrai que je n’ai plus confiance dans vos paroles lénifiantes. Et qu’à lire les commentaires suscités ici et là par la suppression du Jeu des dictionnaires, je ne crois pas exagéré d’affirmer ne pas être la seule dans ce cas.

En tant qu’auditrice et téléspectatrice, je ne trouve plus mon compte et ne me retrouve plus dans cette RTBF, alors que les missions reprises dans son contrat de gestion stipulent qu’elle devrait être à l’image des citoyens qui composent la Communauté française. Il est vrai que le contrat de gestion contient quatorze fois ( !) la formule « dans la mesure du possible » alors, forcément, cela n’engage pas à grand-chose…

Je terminerai (enfin ! mais il y aurait encore beaucoup à dire) en disant que, si ma déception à l’égard du service public est grande, elle est également à la hauteur de l’attachement que j’ai pour ce qu’il devrait être. Mais je ne suis qu’une auditrice… et je n’ose imaginer, dès lors, ce que ce doit être pour ceux qui travaillent dans une telle ambiance et sous des statuts souvent précaires…

Il y a là plus qu’il n’en faut pour briser des enthousiasmes et museler des paroles qui devraient pourtant être libres et partagées par tous.

Je pense aujourd’hui très fort à tous ces artisans!

Isabelle Marchal
Actionnaire de la RTBF

La Charte de l'identité et des valeurs de la RTBF
« Fidèle à sa mission de service public , la RTBF a comme objectif
de s’adresser à toutes les audiences, à leur curiosité, à leur capacité
d’étonnement et de rêve, à leur intelligence. Nous voulons répondre
à leurs intérêts et à leurs besoins sociaux et culturels, refléter leurs
émotions. »


Franck Lepage : la langue de bois décryptée avec humour


Envoyé à : mediationrtbf@rtbf.be
Publié sur le blog RTBF89 : http://rtbf89.blogspot.com/
Partagé sur le mur du groupe Facebook RTBF89 : https://www.facebook.com/groups/rtbf89
Partagé sur le mur du groupe Facebook : Non à la fin du Jeu des dictionnaires : http://www.facebook.com/pages/Non-%C3%A0-la-la-fin-du-jeu-des-dictionnaires-sur-la-Premi%C3%A8re/212988085406244

Copies envoyées à :
Jean-Paul Philippot : jg@rtbf.be
Jean-Pierre Hautier : lpdirection@rtbf.be
Francis Goffin : dgradio@rtbf.be
Source : Qui est qui à la RTBF ?
Cabinet de la Ministre de tutelle Fadila Laanan : info.laanan@cfwb.be
Jean-François Lauwens (adresse supposée correcte) : jean-francois.lauwens@lesoir.be

mardi 4 janvier 2011

Rions un peu avec notre Ministre de la Culture...



Fadila Laanan, la Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des Chances de la Communauté française, a décidé de faire dans l’original pour présenter ses voeux.

Voir la vidéo

Sur son twitter, la Ministre nous rassure : Cette vidéo est à prendre au 150e degré (*)...
Au minimum !

Mais venant de la Ministre de la Culture, on se serait volontiers contentés du second et nous aurions pu rire ensemble. Raté.
« Contente d’avoir donné un os à ronger aux grincheux… Au moins, ils avaient quelque chose à faire ce soir »
Ainsi donc en politique aujourd'hui, il ne s'agit plus de proposer des idées mais de donner des os à ronger, tantôt à l'adversaire politique, tantôt au citoyen devenu par trop critique.
Faire diversion, occuper les esprits, donner du grain à moudre.
Enfin ! Nous avions quelque chose à faire, hier soir. Il est vrai que d'habitude, nous devons nous contenter de regarder une télé de plus en plus bêtifiante, interrompue de publicités de plus en plus invasives, alors ces voeux... C'est dire si on les attendait comme on attend le Messie !


Et puis surtout, interdiction de trouver ça nul sous peine de passer pour d'horribles grincheux...
Et pourtant, c'est tout simplement, désespérément, irrémédiablement, définitivement nul, affligeant, pas drôle, consternant. Mauvais.
« Ma dernière devise de la soirée “Si vous vous prenez au sérieux, n’oubliez pas d’en rire»
Je vous propose, Madame la Ministre, de bien rire ensemble lors de la préparation du prochain contrat de gestion de la RTBF. Vous verrez : le citoyen aussi adore s'amuser !


Rendez-vous fin 2011...
Et tous nos meilleurs voeux ! Vous les trouverez ici même : http://rtbf89.blogspot.com/search/label/Voeux

(*) Sous zéro ?
D'autres vidéos sur le sujet :
La parodie
Nounours témoigne
La Chronique de l'Indispensable Mr Jean-Pierre du 9 janvier en parle et en rit (aussi jaune que nous)... A écouter ou à podcaster !