Comme chaque année, à la rentrée, la RTBF fait le ménage dans ses émissions.
Depuis quelques jours elle nous propose une grille plus "branchée".
Les membres du mouvement sociopédagogique ChanGements pour l’égalité (CGé) déplorent la disparition de plusieurs émissions et particulièrement celle de « tout autre chose » (sur la Première), émission de société qui prenait le temps de déplier des questions sensibles avec tact et nuance.
Cette disparition nous interpelle d’autant plus que nous y avons plusieurs fois collaboré. Les émissions ciblant les questions d’enseignement étaient relayées sur notre site et prolongeaient les réflexions bien au-delà du direct.
Mais cet incident n’est à nos yeux que la pointe de l’iceberg. Il montre à quel point la RTBF ne comprend pas la notion d’Éducation Permanente dans le sens du décret du même nom : « l’analyse critique de la société, la stimulation d’initiatives démocratiques et collectives, le développement de la citoyenneté active et l’exercice des droits sociaux, culturels, environnementaux et économiques dans une perspective d’émancipation individuelle et collective des publics en privilégiant la participation active des publics visés et l’expression culturelle ». Cette mission fait partie du contrat de gestion de la RTBF, mais quelles sont les émissions qui y répondent réellement ? Il y en avait au moins une.
L’audimat ou « c’est ce que le public veut... » seraient la raison de cette révision à la baisse des missions de la RTBF.
Bien, mais alors en quoi est-ce encore un service public si on offre au public ce qu’il plébiscite pour capter un maximum d’auditeurs afin de vendre ses publicités le plus cher possible. Cette logique économique ressort du privé et non d’un service public !
Nous savons que cette « grande maison » ne manque pas de ressources et que bien des membres du personnel seraient demandeurs de pouvoir agir, proposer des émissions qui aillent dans le sens d’une réelle Éducation Permanente en s’appuyant sur tout ce que l’associatif peut dire ou produire.
Il s’agit avant tout d’outiller les citoyens pour qu’ils puissent se construire une réflexion personnelle leur permettant de sortir de l’émotionnel pur.
La libération de Michèle Martin a bien montré à quel point c’est nécessaire.
Pour que la RTBF reste un bien commun, au service de la collectivité (et non de chaque auditeur, téléspectateur ou internaute), nous exigeons que ces missions d’Éducation Permanente fassent partie de manière intégrante, explicite et évaluable du nouveau contrat de gestion. Sans quoi, il nous paraîtra légitime de revendiquer que les dotations de ce service (non rendu au) public soient attribuées à des médias qui remplissent effectivement ces missions.
Pour ChanGements pour l’égalité, Anne Chevalier, Secrétaire Générale
Source :
http://www.changement-egalite.be/spip.php?article2428
CGé, mouvement d’éducation permanente
ChanGements pour l’égalité est un mouvement sociopédagogique reconnu et soutenu par l’Éducation permanente depuis plus de trente ans.
En 2007, CGé a obtenu la reconnaissance dans le cadre du Décret Éducation permanente de 2003.
Dans le contrat-programme qui nous lie à la Communauté française, nous sommes engagés
- pour l’axe 1, à développer au moins trois thématiques d’action à raison de minimum 320 heures et à développer au moins trois activités « grand public » annuelles
- pour l’axe 3.2, à produire au moins 30 analyses et 2 études par an en assurant leur publicité.
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vendredi 14 septembre 2012
mardi 21 juin 2011
Courrier au service de médiation de la RTBF. Objet : Service public, Jeu des dictionnaires et Valeurs RTBF...
(Copies envoyées à Jean-Paul Philippot, Jean-Pierre Hautier, Francis Goffin, Fadila Laanan et Jean-François Lauwens)
Les suites à ce courrier sont publiées ici sur le blog :
http://rtbf89.blogspot.com/2011/07/from-mediationrtbfrtbf.html
Bonjour,
Suite à l'annonce, la semaine dernière, de la suppression du Jeu des Dictionnaires à la rentrée de septembre, je voudrais vous faire part de ce qui suit.
Avant tout, et pour que nous soyons sûrs de bien nous comprendre, j'aimerais insister sur le fait c’est à la RTBF que je m’adresse en tant que service public financé à hauteur de 70% par l'argent des citoyens, qui en sont, par conséquent, les actionnaires majoritaires, et que la RTBF est supposée représenter.
J'ai donc appris la semaine dernière que la direction de la RTBF avait décidé de mettre fin aux émissions le Jeu des Dictionnaires et la Semaine infernale.
http://www.lesoir.be/culture/medias/2011-06-17/le-jeu-des-dictionnaires-c-est-fini-846160.php
Tout d'abord, permettez-moi de m'étonner d'apprendre ce type d'info par la presse écrite, sous la plume de Jean-François Lauwens, et non de la bouche d'un des directeurs de la RTBF, sur les antennes de notre radio publique.
"Les patrons de la RTBF-Radio et de La Première, Francis Goffin et Jean-Pierre Hautier, ont décidé de mettre un terme à une émission qui, depuis 1989, était devenue une véritable institution dans le paysage radio francophone.
(...)
L’information en soi est déjà un événement dans le petit monde la radio belge, généralement très calme. Mais la suite ne manque pas de sel non plus. Pour remplacer le vieillissant programme enregistré en rafale, La Première a jeté son dévolu sur un tandem qui officiera quotidiennement en direct. Il se compose d’Olivier Monssens, actuellement sur les antennes de Classic 21 et de Be TV, et de duBus."
On le voit, Jean-François Lauwens est visiblement bien informé de ce qui se trame en interne à la RTBF.
A l'étonnement de trouver tant de détails dans l'article succède l'indignation en apprenant que les membres de l'équipe du JDD n'ont pas été informés préalablement de cette décision.
Bien sûr, j'entends d'ici les directeurs pousser les hauts cris : Comment ! Mais de quel droit et à quel titre cette auditrice ose-t-elle s'indigner ? Eh bien comme je vous le disais plus haut, parce que je contribue à 70% au salaire des directeurs en question et que d’éventer, en externe, une nouvelle qui concerne l’avenir professionnel de membres d’une entreprise n’est pas l’idée que je me fais de managers efficaces et scrupuleux.
Les explications de Francis Goffin, le lendemain au Grand Huit furent très peu convaincantes :
http://archives.lesoir.be/radio-francis-goffin-rtbf-s-explique-sur-la-fin_t-20110618-01FRL8.html?query=goffin+&firstHit=0&by=10&sort=datedesc&when=-1&queryor=goffin+&pos=2&all=2325&nav=1
« Je tiens à m’excuser auprès de l’équipe du Jeu des dictionnaires, glisse Francis Goffin. Il n’était pas prévu qu’elle apprenne la nouvelle par la presse.»
Pas prévu… Il « glisse »…
"Cela étant, il ne s’agit évidemment pas d’un désaveu. Mais rien n’est éternel, pas plus en radio qu’ailleurs."
En effet : le verbe « glisser » était fort à propos : Francis Goffin vient déjà de glisser vers autre chose.
J’étais moi-même à l’écoute du Grand Huit, ce samedi matin :
"Tout d'abord, je voudrais commencer par une bonne nouvelle : Le JDD a duré 22 ans et la Semaine infernale, 24 ans"..."
Pourriez-vous « glisser » aux responsables de la communication de la RTBF qu’il est inutile et hautement risible de vouloir tempérer une mauvaise nouvelle par l’annonce d’une platitude positive qui ne nous apprend rien ?
C’est une ficelle usée, archi-usée, totalement ringarde et qui ne dupe personne, ni dans le cas de la RTBF, ni en politique, ni dans l’annonce d’un plan de restructuration d’entreprise…
Cela ne marche plus ! Et encore, nous n’avions pas l’image ! Nous avons échappé au sourire Pepsodent qui accompagne généralement ce type d’exercice d’échauffement musculaire (je parle des muscles zygomatiques). Affligeant !
"Ensuite, je voudrais dire que les auditeurs de la Première sont des auditeurs exigeants…"
Deuxième message à vos communicateurs : la pommade, ça ne marche plus non plus.
« Pour ce qui est de la suite, nous ne sommes pas encore fixés »
L’étonnement, l’indignation… et maintenant l’inquiétude. Y a-t-il un pilote, dans l’avion ? Mais je me doute que c’est une feinte et que le plan est déjà tout tracé ! Sacrés communicateurs !
Pour venir en aide au patron de la radio (à la peine tout de même, le pauvre, pendant que Jean-Pierre Hautier et Jean-Paul Philippot profitaient de leur samedi) on va chercher un témoignage d’une auditrice mécontente : « Je ne pourrais pas vivre sans le Jeu des dictionnaires ! »
Naturellement, c’est tout ce qu’on a cru bon de répercuter à l’antenne : une phrase écrite par quelqu’un visiblement sous le coup de l’émotion et de la colère et qui fait passer les auditeurs pour une bande de groupies incapables de maîtriser leurs nerfs…
On se doute bien que cette dame ne va pas mettre fin à ses jours, si l’émission passe à la trappe !
Cette manie d’aller chercher les témoignages les moins pertinents !
Car au-delà du débat, que je trouve légitime, sur le maintien ou non d’une émission qui a duré 22 ans, c’est bien de service public qu’il s’agit. L’expérience a prouvé à maintes reprises qu’à chaque fois qu’une émission a disparu de l’antenne, en radio ou en télé, celle qui l’a remplacée faisait la part plus belle aux annonceurs par la succession de séquences de plus en plus courtes permettant le passage d’un plus grand nombre de publicités. Et c’est cela que la plupart des auditeurs redoutent aujourd’hui.
Procès d’intention ? Pas sûr…
Tout récemment encore, en télé cette fois, on a supprimé l’émission Au Quotidien (50 minutes d’un seul tenant), que personnellement je ne regardais pas vu qu’à cette heure-là, je ne regarde pas la télé, mais qui avait, de toute évidence, trouvé son style et un public familial et diversifié (200.000 téléspectateurs par jour en moyenne).
L’émission a été remplacée par On n’est pas des Pigeons, (125.000 téléspectateurs par jour environ) http://www.tuner.be/actu.asp?id=143953&content=home&key=audiences
Moi je veux bien…
Je ne la regarde pas plus que la précédente, mais tout de même, avec le battage médiatique qu’on a fait là autour, la curiosité m’a poussée à y jeter un coup d’œil. Sans faire de procès à l’émission elle-même et à la qualité de ses animateurs, je constate néanmoins qu’elle est constituée de séquences d’une douzaine de minutes, entrecoupées de publicités : pas besoin d’aller plus loin, on a compris les raisons qui ont motivé le passage d’une émission à l’autre. C’est d’autant plus aberrant que le principe de l’émission prétend nous préserver des méfaits de la publicité… Allez comprendre !
Et c’est comme ça depuis plusieurs années, maintenant. On assiste à une dégradation du « service public » au profit des logiques dictées par les annonceurs. Et toujours en jurant la main sur le cœur que ce n’est pas le cas… ou qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour l’avenir.
On a eu droit au couplet « Jamais vous verrez de coupures publicitaires dans les films, à la RTBF ». On voit ce qu’il en est aujourd’hui ! Pas de votre faute, c’est « la crise ». Ah ! La crise…
Il est vrai qu’on se souvient avoir entendu la Ministre Fadila Laanan tacler un auditeur de Matin Première, en février 2008, un des ces impertinents qui se plaignait que la publicité devenait de plus en plus envahissante : « Refuser la publicité en radio/télé, c’est un truc de bobos ». Eh bien…
A toutes fins utiles, je signale que les chaînes nationales espagnoles ont supprimé toute publicité sur leurs antennes au 1er janvier 2010, ce qui a eu pour effet de faire remonter les audiences. Je n’ai pas les détails de la compensation financière pour combler le manque à gagner, mais je compte bien m’en informer : il y a peut-être des idées à creuser pour Madame la Ministre et son cabinet. Peut-être même, une idée de vidéo didactique et ludique, comme son équipe en a le secret.
Personnellement je reste très songeuse, lorsqu’on nous explique (pour nous faire peur) que la fin de la publicité, cela signifierait l’obligation d’augmenter la redevance annuelle. A ces mots, le citoyen frémit ! Mon argent ! Assez de taxes ! Laissez-nous nos publicités !
Encore récemment, une étude signée Deloitte Consultancy était étalée un peu partout dans les journaux, dans la rubrique « économie », histoire de bien enfoncer le clou.
Oui, mais… Il se trouve qu’une association française (Résistance à l’agression publicitaire) a commis il y a un an ou deux, une petite étude toute simple consistant à évaluer, en se basant sur les données des rapports annuels de société, ce que la publicité coûtait (en charges) à ces sociétés et qui, forcément, intervenait dans le calcul du prix de vente d’un produit.
http://antipub.org/spip.php?article96
On arrive ainsi à la coquette somme de 527€ par an et par personnes. Soit, pour une famille avec deux enfants, un budget annuel de plus de 2.000€. Je vous avoue que, personnellement, je préfèrerais que les sociétés fassent moins de pubs et baissent les prix de vente de leurs produits. Je paierais alors volontiers les quelques dizaines d’euros nécessaires pour combler le manque à gagner de la RTBF et être à tout jamais débarrassée des publicités à l’écran ou en radio !
On a eu droit aussi au couplet : « Jamais vous ne verrez d’émission de télé-réalité type Star Academy sur les antennes de la RTBF… On nous annonce à présent que la RTBF veut acheter l’émission The Voice à la société Endemol. Je vous signale tout de même que les émissions de télé-réalité sont en perte de vitesse et qu’en matière d’innovation on a déjà vu mieux qu’un concept qui commence à sentir le rance !
Et les exemples de ce type d’égarement du public sur les terrains de chasse du privé sont légions… les auditeurs et téléspectateurs ne sont pas dupes, allons !
Il suffit de lire les commentaires de la pétition pour s’apercevoir que cette notion de « service public », qui semble si difficile à cerner autant qu’à atteindre par nos top-managers, s’impose comme une évidence aux auditeurs : http://10065.lapetition.be/
Le monde est mal fait, tout de même ! Et ces auditeurs s’aperçoivent de la tendance de plus en plus claire de la RTBF à s’aligner, oh bien sûr, elle s’en défend, sur la concurrence au nom de l’audimat et de la rentabilité.
Non seulement, ses directeurs s’en défendent, mais lorsque, par miracle ou par chance, la critique arrive jusqu’à leurs oreilles, ce jugement, qui les étonne toujours, est aussitôt qualifié de « hâtif » de « procès d’intention » ou encore, de « tarte à la crème »…
Permettez-moi faire référence à la revue Politique, parue en Février 2005 : [ http://politique.eu.org/spip.php?article159 ]
C’est un numéro consacré pour l'essentiel à la RTBF et intitulé :
RTBF, l'Etre ou le néant
L'un des chapitres s'intitule : Programmation, la tentation du mimétisme.
Il est signé par Frédéric Antoine, professeur à l'Ecole de journalisme de Louvain (EJL) et membre de l'Observatoire du récit médiatique (ORM).
En voici un extrait :
"Alors que l'on eut pu croire que l'opérateur public aurait tenté de se distinguer de ce qu'il faut bien considérer comme ses compétiteurs, force est de constater que ce n'est pas une stratégie d'altérisation qui semble s'être imposée, mais celle d'une volonté de combattre les acteurs privés en recourant aux mêmes armes qu'eux, ou à tout le moins, aux même types d'armes."
Voici un autre extrait, sous la plume cette fois d'Hugues Le Paige, dans le chapitre Entre offre et demande : le grand écart :
"Un double langage
Officiellement, les dirigeants de la RTBF continuent à tenir les discours traditionnels des défenseurs du service public. Une sorte de schizophrénie s'est installée boulevard Reyers (...) Plus on affirme son identité, plus, en même temps, on glisse de fait vers un modèle inspiré des télévisions privées.
(...) Les téléspectateurs ne reconnaissent plus la RTBF pour ce qu'elle devrait être: ce n'est plus une télévision culturelle, intelligente, dérangeante, drôle."
Ce que j’ai pu lire ou entendre concernant ce qui nous attend pour remplacer le Jeu des dictionnaires ne fait, évidemment, que confirmer ces analyses de professionnels des médias.
Et ce serait un beau mot de la fin s’il n’y avait ce nouvel article de Jean-François Lauwens, paru dans le Soir du samedi 18/06/11.
Tout à la fin de l’article, je lis :
« Ceci s’inscrit dans notre volonté de rénover cette chaîne, ce qui a été fait avec succès avec Matin Première ou Le forum de midi. Le drive-time (NDLR : la fin de journée, 16 h - 19 h) sera notre grand chantier de la rentrée de septembre. Mais que nos auditeurs se rassurent : même sans Le jeu des dictionnaires, l’impertinence restera un axe primordial de La Première. »
http://archives.lesoir.be/radio-francis-goffin-rtbf-s-explique-sur-la-fin_t-20110618-01FRL8.html?query=impertinente&firstHit=0&by=10&sort=datedesc&when=-1&queryor=impertinente&pos=0&all=289&nav=1
Compte tenu de tout ce que j’ai expliqué précédemment, on comprendra que je ne suis pas du tout rassurée. Et que la tranche 16h -19h ne concerne pas uniquement le Jeu des dictionnaires…
Des projets innovants pour le 90 Minutes ? ? Vous les gardez au chaud pour la rentrée, histoire de faire une surprise à l’équipe ? Un concept mêlant infos et divertissements ? Cinq minutes de pubs, deux minutes d’infos, trois minutes d’humour ?
Je me souviens de l’émission Intermédias, au sujet du changement de la tranche infos télé, à grand renfort d’auto-promo. De nombreux courriers arrivés à ce sujet demandaient, nous disait-on, davantage d’analyse et moins de faits divers…
Le 90 Minutes nous offre cette approche de l’actualité et ce, de façon professionnelle, rigoureuse et dans le respect des auditeurs.
Le coup de poker menteur part-il de l’idée que, d’ici au mois de septembre, le soufflé du Jeu de Dictionnaires sera retombé et que les auditeurs, gorgés de soleil n’auront ni l’envie ni l’énergie de se mobiliser à nouveau pour une tranche d’infos ? Et puis, qui va se bouger pour défendre un journal parlé, je vous le demande…
Encore un procès d’intention ?
Peut-être… Mais il est vrai que je n’ai plus confiance dans vos paroles lénifiantes. Et qu’à lire les commentaires suscités ici et là par la suppression du Jeu des dictionnaires, je ne crois pas exagéré d’affirmer ne pas être la seule dans ce cas.
En tant qu’auditrice et téléspectatrice, je ne trouve plus mon compte et ne me retrouve plus dans cette RTBF, alors que les missions reprises dans son contrat de gestion stipulent qu’elle devrait être à l’image des citoyens qui composent la Communauté française. Il est vrai que le contrat de gestion contient quatorze fois ( !) la formule « dans la mesure du possible » alors, forcément, cela n’engage pas à grand-chose…
Je terminerai (enfin ! mais il y aurait encore beaucoup à dire) en disant que, si ma déception à l’égard du service public est grande, elle est également à la hauteur de l’attachement que j’ai pour ce qu’il devrait être. Mais je ne suis qu’une auditrice… et je n’ose imaginer, dès lors, ce que ce doit être pour ceux qui travaillent dans une telle ambiance et sous des statuts souvent précaires…
Il y a là plus qu’il n’en faut pour briser des enthousiasmes et museler des paroles qui devraient pourtant être libres et partagées par tous.
Je pense aujourd’hui très fort à tous ces artisans!
Isabelle Marchal
Actionnaire de la RTBF
La Charte de l'identité et des valeurs de la RTBF
« Fidèle à sa mission de service public , la RTBF a comme objectif
de s’adresser à toutes les audiences, à leur curiosité, à leur capacité
d’étonnement et de rêve, à leur intelligence. Nous voulons répondre
à leurs intérêts et à leurs besoins sociaux et culturels, refléter leurs
émotions. »
Franck Lepage : la langue de bois décryptée avec humour
Envoyé à : mediationrtbf@rtbf.be
Publié sur le blog RTBF89 : http://rtbf89.blogspot.com/
Partagé sur le mur du groupe Facebook RTBF89 : https://www.facebook.com/groups/rtbf89
Partagé sur le mur du groupe Facebook : Non à la fin du Jeu des dictionnaires : http://www.facebook.com/pages/Non-%C3%A0-la-la-fin-du-jeu-des-dictionnaires-sur-la-Premi%C3%A8re/212988085406244
Copies envoyées à :
Jean-Paul Philippot : jg@rtbf.be
Jean-Pierre Hautier : lpdirection@rtbf.be
Francis Goffin : dgradio@rtbf.be
Source : Qui est qui à la RTBF ?
Cabinet de la Ministre de tutelle Fadila Laanan : info.laanan@cfwb.be
Jean-François Lauwens (adresse supposée correcte) : jean-francois.lauwens@lesoir.be
Libellés :
Fadila Laanan,
Francis Goffin,
Jean-Paul Philippot,
Jean-Pierre Hautier,
jeu des dictionnaires,
non à la fin du jeu des dictionnaires,
rtbf audimat
jeudi 11 novembre 2010
Audimat, « secret défense » !

Dans un article paru le 10 novembre dans le quotidien en ligne l’Avenir.net, la RTBF se livre, par la voix de son porte-parole Bruno Deblander, à un exercice de communication.
article complet :
http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=9167031
Les chiffres d'audience de La Trois ?
Nous ne sommes pas habilités à les donner.
Par qui ? Je ne comprends pas.
Nous ne sommes pas habilités à les donner.
Par qui ? Je ne comprends pas.
Nous disposons de ces chiffres, mais nous les avons achetés dans le but d'optimiser la programmation. Nous sommes donc les seuls à en disposer.
Je comprends mieux : la RTBF a acheté l’exclusivité de ces chiffres car elle ne souhaite pas les communiquer. Est-ce cohérent avec les missions d’un service public et surtout, cela est-il conforme aux termes du contrat de gestion de la RTBF ?
Or, les résultats du CIM (*) n'ont de valeur que parce qu'ils sont contradictoires.
Raison de plus pour ne pas les soustraire à la contradiction.
«Pour apparaître dans le calcul des audiences, il faut avoir obtenu 1 % pendant au moins un an.» Impossible, puisque La Trois a seulement un gros mois d'existence.
La technique et ses limites ?
Si elle ne peut communiquer de chiffres, la RTBF indique néanmoins «ne pas avoir à rougir de ses premiers résultats.
Depuis la phrase précédente, la technique a fait un bond spectaculaire puisque les chiffres sont à présent disponibles.
Nous sommes satisfaits.
La Direction de la RTBF et son porte-parole sont satisfaits. L’histoire ne nous dit pas si le téléspectateur l’est aussi, mais évidemment, cela est secondaire.
Soyons clairs : c'est une chaîne OVNI.
Regardée par des Martiens ? Conçue par des extra-terrestres ?
Elle n'est pas construite dans la logique de fédérer et d'obtenir une audience tout au long de la journée.
C’est vrai qu’on n’y passe pas de publicité (enfin, une bonne nouvelle). Quelle importance, dans ce cas, de faire ou non de l’audience ?
Nous avons aussi obtenu des résultats encourageants (...) Nous sommes même devant certains opérateurs privés.
Car les chiffres des opérateurs privés sont disponibles, eux. C’est vraiment le monde à l’envers.
Le niveau de couverture par semaine et partant d'une vision de 15 minutes au moins est comparable à celui de Arte et dépasse TV5 ou AB4.
J'imagine que ces chaînes concurrentes seraient ravies de savoir que la RTBF, disposant de chiffres complets, annonce des résultats comparables ou supérieurs aux leurs sans qu’ils puissent les contester (ou les confirmer) par des analyses contradictoires...
On le voit, en choisissant d’opacifier le débat et en faisant de l’audimat une sorte de secret défense, la direction de la RTBF, par la voix de son porte-parole, en dit finalement très long sur des tas de choses : la vision qu'elle a de ses missions, de son public, de ses concurrents...
On ne manquera pas, pour finir, de s’arrêter un instant sur la note de bas de page, seule “touche personnelle” de l’auteur de l’article :
(*) CIM : Centre d'information sur les médias, qui calcule les audiences à destination des publicitaires.
C'est dire si leurs clients sont intéressés par les résultats d'audience d'une chaîne qui ne passe aucun de leurs spots ! Espérons cependant que les résultats des analyses du CIM n'en souffrent pas et qu'en tant que téléspectateurs citoyens, nous soyons un jour autorisés à y avoir librement accès...
Libellés :
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CIM,
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