Jacques Liesenborghs, ancien sénateur, ancien vice-président de la RTBF, s'exprime sur l'élaboration du Contrat de Gestion de la RTBF, actuellement en phase finale d'écriture.
Il nous reste quelques jours !
C’est dans les prochaines semaines (juste après les élections communales) que se finalisera le contrat de gestion qui lie la RTBF et la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est au niveau du « kern » que cela va se décider. Et on sera reparti pour cinq ans !
Est-ce que nous allons accepter un contrat qui laisse la RTBF (service public ?) libre pendant cinq ans de continuer à investir massivement et prioritairement dans les divertissements en tous genres et dans les sports ?
Est-ce que nous allons accepter que, au long des cinq prochaines années, ce soient des émissions du genre « On n’est pas rentré », « The voice », Grands prix de Formule1, qui constituent les émissions phares et les mieux promues des chaines « publiques » ?
Est-ce que nous allons accepter que, chaque semaine, l’émission magazine la plus longue « analyse » pendant deux heures les moindres faits et gestes, déclarations, rumeurs, états d’âme… des « vedettes » de notre si relevé championnat de football, la Jupiler Pro League ? Pendant cinq ans encore ?
Est-ce que nous allons accepter que, durant la même période, aucun magazine régulier ne soit consacré à des questions aussi cruciales que les relations Nord-Sud ou l’éducation ?
Est-ce que nous pouvons tolérer que le directeur de la télévision de service public (?) écrive : « Toutes les expériences télévisuelles montrent que coller une étiquette ‘culture’ ou ‘éducation’ sur un programme provoque irrémédiablement une fuite du public ». Ce Monsieur Tron est français et il est contredit chaque jour par les chaines publiques françaises ! Ses diktats feront-ils encore la loi pendant cinq ans ?
Est-ce que nous pouvons continuer à supporter, pendant cinq ans, que la « faitdiversification » envahisse les plages d’information des radios et des télévisions ? Que la surenchère et l’emballement médiatique contaminent les esprits, comme ce fut encore le cas récemment avec l’affaire Martin ? Où est la différence avec le privé ?
Est-ce que nous allons rester passifs et béats d’admiration devant le spectacle de la glorification/sanctification des Philippe Gilbert et autres sportifs-déserteurs fiscaux qui jouissent de plages sans mesure sur les chaines « publiques », mais refusent la solidarité et la contribution au pot commun ?
Est-ce que nous allons encore supporter sans broncher, pendant cinq années importantes, les empoignades « politiques » du dimanche où le grand art consiste à ne pas écouter l’autre, à bien placer sa petite phrase assassine et à confirmer que seuls les tueurs ont leur place dans cette arène ?
Est-ce que nous allons continuer à accepter que la RTBF (service public ?) range dans le rayon « éducation permanente » des magazines comme « C’est du belge », « On n’est pas pigeons » ou des talk show plus légers les uns que les autres ?
Et qu’elle prétende remplir ses obligations en la matière : « L’analyse critique de la société, la stimulation d’initiatives démocratiques et collectives, le développement de la citoyenneté active et l’exercice des droits sociaux, culturels, environnementaux et économiques dans une perspective d’émancipation individuelle et collective des publics…. ».
Il ne nous reste que quelques jours pour dire haut et fort notre refus de voir le service public contribuer à décerveler les citoyens en leur offrant plus que tout du « pain et des jeux » aux heures de grande écoute.
Pour dire que nous voulons des magazines réguliers en « premier rideau », en radio et en télévision, sur des questions cruciales comme l’éducation et les rapports Nord-Sud.
Pour réclamer une information moins spectaculaire et plus en profondeur.
Pour exiger que le service public sorte de la course à l’audience et privilégie une approche citoyenne et non marchande.
Le dire, l’écrire et le répéter à nos ministres et à leurs proches collaborateurs, puisque dans les jours qui viennent c’est eux qui vont décider de l’avenir de l’audiovisuel de service public.
Pour le meilleur et pour le pire. Et pour cinq ans !
Source : http://blogs.politique.eu.org/RTBF-re-agir-maintenant-pour-5-ans
Affichage des articles dont le libellé est The Voice. Afficher tous les articles
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mardi 2 octobre 2012
lundi 4 juillet 2011
Courrier à la médiation de la RTBF : suites...
From: mediationrtbf@rtbf.be
To: isabelle_marchal@hotmail.com
CC:
Subject: RE : Jeu des dictionnaires et Service public [#44634]
Date: Fri, 1 Jul 2011 11:13:14 +0200
Cet article fait suite au courrier envoyé à la médiation de la RTBF et publié sur ce blog :
http://rtbf89.blogspot.com/2011/06/courrier-au-service-de-mediation-de-la.html
Madame,
Votre long courriel adressé au service de médiation de la RTBF n’est bien parvenu et j’en ai pris connaissance avec attention.
Les questions qu’il évoque font partie, quasiment dans leur intégralité, d’une réflexion qui traverse la RTBF, quels que soient ses pans d’activité.
En effet, comment les organes de gestion (comité de direction et conseil d’administration) pourraient-ils décider en connaissance de cause des allocations budgétaires, des mises en production et des politiques d’achat déterminant les grilles de programmes sans une conscience aigue des missions de service public dévolues à la RTBF ?
Comment les directions de chaîne et les responsables de programmation radio et TV pourraient-ils mettre ces décisions en application sans une volonté tout aussi aigue de concilier le respect des obligations de service publics contenues dans les textes légaux et les légitimes exigences de leurs publics ?
Et il va sans dire que ces équations doivent tenir compte d’une situation budgétaire complexe dans la mesure où les marges de manœuvre sont étroites, voire inexistantes. Pour le dire autrement, l’ensemble des missions de la RTBF ne peut être rencontré aujourd’hui que dans un cadre budgétaire qui englobe subvention et recettes commerciales. On peut le regretter, on peut même le déplorer mais les faits sont ce qu’ils sont et je vous invite à consulter les bilan et comptes édités dans la partie « Entreprise » de notre site Internet pour vous en assurer.
L’étude indépendante sur le financement de la RTBF commandée par le gouvernement de la Communauté française au cabinet Deloitte ne fait que confirmer cette situation.
Vous regrettez la décision de la Direction générale de la radio et du Directeur de La Première de mettre un coup d’arrêt aux émissions « Le jeu des dictionnaires » et « La semaine infernale », c’est votre droit tout à fait légitime d’auditrice et vos regrets sont partagés par d’autres, y compris au sein de la RTBF. [NB : ce n'est pas ce que j'ai écrit : j'ai parlé des circonstances dans lesquelles ça s'était passé, précisément pour ne pas tomber dans le débat émotionnel et réducteur du "j'aime, donc il faut garder le JDD/je n'aime pas, donc il faut le supprimer"]
L’expérience a marqué tous ceux qui ont eu la chance de l’écouter comme ceux qui y ont participé activement. L’héritage laissé n’en est que plus exceptionnel et place haut, la barre de l’ambition que nous devons avoir dans le domaine de l’humour et de l’impertinence. Il incite en tout cas la RTBF à envisager de nouveaux projets bien dans le ton nouveau de La Première, avec les talents qu’elle recèle et prolongeant l’histoire si bien écrite dans le jeu des dictionnaires et la semaine infernale.
Pour leur part, Olivier Monssens et Frédéric Dubus nous rejoignent pour raconter la leur… Puis-je simplement vous demander de juger, en toute objectivité, du résultat concret du travail de cette nouvelle équipe lorsqu’elle sera à l’antenne ?
[NB : Je n'ai pas parlé d'eux : j'ai simplement dit craindre une augmentation des interruptions publicitaires de la future émission.]
Je voudrais vous indiquer le profond respect que nous avons, à la médiation comme dans les autres services de la RTBF, de la parole des auditeurs et téléspectateurs : lorsque vous évoquez la perte de confiance que vous ressentez à l’égard de la RTBF, nous ne pouvons qu’être interpellés et nous remettre en question.
La RTBF doit conserver une place significative dans le paysage audiovisuel de notre pays, légitimée notamment par le public qui suit ses programmes. C’est la raison pour laquelle elle propose, dans la mesure de ses moyens, des développements technologiques et conserve en point de mire le principe évident d’évolution qui doit être en trame de son travail éditorial.
Enfin, je voudrais conclure en rappelant combien les membres du personnel de la RTBF, et particulièrement l’équipe du Jeu des dictionnaires et de la Semaine infernale, ont été choqués d’apprendre l’arrêt des émissions par voie de presse écrite.
La communication directe vers le personnel était la priorité de la direction mais un scoop a bousculé le tout… La direction de la radio s’en est expliquée avec l’équipe concernée d’abord, auprès du reste du personnel et publiquement sur antenne ensuite.
Veuillez croire en mes sentiments distingués,
Service de Médiation de la RTBF
-------------------------------------------------------
Ma réaction, envoyée ce 04/07/11 à 23 heures.
Chère Madame,
Je vous remercie d'avoir pris le temps de répondre à ma longue lettre en me donnant des pistes de réflexion que je ne manquerai pas de creuser, dans le sens déjà développé, sur le service public, ses missions, le rôle du citoyen, ses droits.
Mais ce sera pour la fin du mois d'août.
D'ici là, tant d'eau peut couler sous les ponts, tandis que chacun savoure ses vacances...
Je pourrai alors mettre un passage de votre lettre, que je relève aujourd'hui, en perspective avec la réalité tangible et concrète de la nouvelle grille des programmes :
Je voudrais vous indiquer le profond respect que nous avons, à la médiation comme dans les autres services de la RTBF, de la parole des auditeurs et téléspectateurs : lorsque vous évoquez la perte de confiance que vous ressentez à l’égard de la RTBF, nous ne pouvons qu’être interpellés et nous remettre en question.
Je n'ai aucun doute qu'à la médiation comme dans d'autres services de la RTBF, ce profond respect existe bel et bien. Sachez que je mesure combien il doit être pénible, lorsque cette perte de confiance arrive jusqu'à vous, d'avoir à gérer des courriers qui l'expriment, chacun à leur manière (longuement, comme le mien!), souvent lorsque la coupe est pleine, vous éclaboussant au passage.
Mais, comme Saint Thomas (à ce qu'il paraît), j'attends de voir pour croire que la remise en question dont vous me parlez, si elle a circulé dans la maison, a effectivement gravi les échelons de la hiérarchie jusqu'à interpeler les preneurs de décisions.
Car c'est essentiellement à eux que j'ai pensé et que je pense généralement, lorsque je m'adresse à la médiation. C'est donc surtout de leur côté que la citoyenne que je suis attend le nécessaire, sinon l'indispensable recentrage de la RTBF sur les missions spécifiques au service public... plutôt que d'être confrontée au spectacle désolant d'une lutte éperdue avec la concurrence privée sur des terrains où celle-ci est, de toutes façons, plus aguerrie, qu'il s'agisse de radio ou de télévision.
Ce que j'ai lu, par exemple, de la récente conférence de presse de François Tron, monté en renfort "pour couper court "aux bruits qui circulent" sur l'émission The Voice me laisse à penser que le directeur de la Télevision ne se sent nullement interpelé ni enclin à la moindre remise en question.
"Une opportunité incroyable" qui va "faire taire les critiques non fondées" des "détracteurs" (...)
"Contrairement à ce que j'ai lu ou vu, sur cet outil de production, les équipes de la RTBF vont travailler : les équipes artistiques, les équipes culturelles, les équipes de productions, les équipes techniques. Nous avons acheté un format avec un producteur qui s'appelle Endemol et Talpa mais l'ensemble des équipes va travailler autour de ce projet".
http://www.rtbf.be/info/medias/detail_the-voice-une-nouvelle-emission-de-divertissement-bousculant-pour-la-rtbf?id=6389033
Personne, à ma connaissance, n'avait compris que la RTBF allait embaucher, pour la circonstance, des gens de chez Endemol...
Ce qu'on a bien compris, en revanche, c'est que ce format (de là, le substantif formatage) est fort peu propice à l'application du contrat de gestion, plus précisément de l'Article 48.
Article 48 - Créativité :
La RTBF veille par des mécanismes internes à soutenir la créativité culturelle et artistique et l'innovation technologique de son personnel.
http://www.fadilalaanan.ne t/downloads/pdf/ContratdeG estionRTBF2007_2011.pdf
On le voit, tout est lié... et ce qui s'apprente à un saut du coq à l'âne ramène finalement, encore et toujours, au service public et à ses missions.
Vaste débat pour l'instant confisqué au citoyen.
"Soyons curieux" et voyons ce qui se cache derrière cette remise en question...
Mais ce sera probablement pour la fin du mois d'août.
D'ici là, tant d'eau peut couler sous les ponts, tandis que, tout en restant vigilant, chacun savoure ses vacances...
Je souhaite que les vôtres soient excellentes !
Cordialement,
Isabelle Marchal
Copies envoyées à :
Jean-Paul Philippot : jg@rtbf.be
Jean-Pierre Hautier : lpdirection@rtbf.be
Francis Goffin : dgradio@rtbf.be
Francois Tron : dirtv@rtbf.be
Source : Qui est qui à la RTBF ?
Cabinet de la Ministre de tutelle Fadila Laanan : info.laanan@cfwb.be
Jean-François Lauwens (adresse supposée correcte) : jean-francois.lauwens@lesoir.be
To: isabelle_marchal@hotmail.com
CC:
Subject: RE : Jeu des dictionnaires et Service public [#44634]
Date: Fri, 1 Jul 2011 11:13:14 +0200
Cet article fait suite au courrier envoyé à la médiation de la RTBF et publié sur ce blog :
http://rtbf89.blogspot.com/2011/06/courrier-au-service-de-mediation-de-la.html
Madame,
Votre long courriel adressé au service de médiation de la RTBF n’est bien parvenu et j’en ai pris connaissance avec attention.
Les questions qu’il évoque font partie, quasiment dans leur intégralité, d’une réflexion qui traverse la RTBF, quels que soient ses pans d’activité.
En effet, comment les organes de gestion (comité de direction et conseil d’administration) pourraient-ils décider en connaissance de cause des allocations budgétaires, des mises en production et des politiques d’achat déterminant les grilles de programmes sans une conscience aigue des missions de service public dévolues à la RTBF ?
Comment les directions de chaîne et les responsables de programmation radio et TV pourraient-ils mettre ces décisions en application sans une volonté tout aussi aigue de concilier le respect des obligations de service publics contenues dans les textes légaux et les légitimes exigences de leurs publics ?
Et il va sans dire que ces équations doivent tenir compte d’une situation budgétaire complexe dans la mesure où les marges de manœuvre sont étroites, voire inexistantes. Pour le dire autrement, l’ensemble des missions de la RTBF ne peut être rencontré aujourd’hui que dans un cadre budgétaire qui englobe subvention et recettes commerciales. On peut le regretter, on peut même le déplorer mais les faits sont ce qu’ils sont et je vous invite à consulter les bilan et comptes édités dans la partie « Entreprise » de notre site Internet pour vous en assurer.
L’étude indépendante sur le financement de la RTBF commandée par le gouvernement de la Communauté française au cabinet Deloitte ne fait que confirmer cette situation.
Vous regrettez la décision de la Direction générale de la radio et du Directeur de La Première de mettre un coup d’arrêt aux émissions « Le jeu des dictionnaires » et « La semaine infernale », c’est votre droit tout à fait légitime d’auditrice et vos regrets sont partagés par d’autres, y compris au sein de la RTBF. [NB : ce n'est pas ce que j'ai écrit : j'ai parlé des circonstances dans lesquelles ça s'était passé, précisément pour ne pas tomber dans le débat émotionnel et réducteur du "j'aime, donc il faut garder le JDD/je n'aime pas, donc il faut le supprimer"]
L’expérience a marqué tous ceux qui ont eu la chance de l’écouter comme ceux qui y ont participé activement. L’héritage laissé n’en est que plus exceptionnel et place haut, la barre de l’ambition que nous devons avoir dans le domaine de l’humour et de l’impertinence. Il incite en tout cas la RTBF à envisager de nouveaux projets bien dans le ton nouveau de La Première, avec les talents qu’elle recèle et prolongeant l’histoire si bien écrite dans le jeu des dictionnaires et la semaine infernale.
Pour leur part, Olivier Monssens et Frédéric Dubus nous rejoignent pour raconter la leur… Puis-je simplement vous demander de juger, en toute objectivité, du résultat concret du travail de cette nouvelle équipe lorsqu’elle sera à l’antenne ?
[NB : Je n'ai pas parlé d'eux : j'ai simplement dit craindre une augmentation des interruptions publicitaires de la future émission.]
Je voudrais vous indiquer le profond respect que nous avons, à la médiation comme dans les autres services de la RTBF, de la parole des auditeurs et téléspectateurs : lorsque vous évoquez la perte de confiance que vous ressentez à l’égard de la RTBF, nous ne pouvons qu’être interpellés et nous remettre en question.
La RTBF doit conserver une place significative dans le paysage audiovisuel de notre pays, légitimée notamment par le public qui suit ses programmes. C’est la raison pour laquelle elle propose, dans la mesure de ses moyens, des développements technologiques et conserve en point de mire le principe évident d’évolution qui doit être en trame de son travail éditorial.
Enfin, je voudrais conclure en rappelant combien les membres du personnel de la RTBF, et particulièrement l’équipe du Jeu des dictionnaires et de la Semaine infernale, ont été choqués d’apprendre l’arrêt des émissions par voie de presse écrite.
La communication directe vers le personnel était la priorité de la direction mais un scoop a bousculé le tout… La direction de la radio s’en est expliquée avec l’équipe concernée d’abord, auprès du reste du personnel et publiquement sur antenne ensuite.
Veuillez croire en mes sentiments distingués,
Service de Médiation de la RTBF
-------------------------------------------------------
Ma réaction, envoyée ce 04/07/11 à 23 heures.
Chère Madame,
Je vous remercie d'avoir pris le temps de répondre à ma longue lettre en me donnant des pistes de réflexion que je ne manquerai pas de creuser, dans le sens déjà développé, sur le service public, ses missions, le rôle du citoyen, ses droits.
Mais ce sera pour la fin du mois d'août.
D'ici là, tant d'eau peut couler sous les ponts, tandis que chacun savoure ses vacances...
Je pourrai alors mettre un passage de votre lettre, que je relève aujourd'hui, en perspective avec la réalité tangible et concrète de la nouvelle grille des programmes :
Je voudrais vous indiquer le profond respect que nous avons, à la médiation comme dans les autres services de la RTBF, de la parole des auditeurs et téléspectateurs : lorsque vous évoquez la perte de confiance que vous ressentez à l’égard de la RTBF, nous ne pouvons qu’être interpellés et nous remettre en question.
Je n'ai aucun doute qu'à la médiation comme dans d'autres services de la RTBF, ce profond respect existe bel et bien. Sachez que je mesure combien il doit être pénible, lorsque cette perte de confiance arrive jusqu'à vous, d'avoir à gérer des courriers qui l'expriment, chacun à leur manière (longuement, comme le mien!), souvent lorsque la coupe est pleine, vous éclaboussant au passage.
Mais, comme Saint Thomas (à ce qu'il paraît), j'attends de voir pour croire que la remise en question dont vous me parlez, si elle a circulé dans la maison, a effectivement gravi les échelons de la hiérarchie jusqu'à interpeler les preneurs de décisions.
Car c'est essentiellement à eux que j'ai pensé et que je pense généralement, lorsque je m'adresse à la médiation. C'est donc surtout de leur côté que la citoyenne que je suis attend le nécessaire, sinon l'indispensable recentrage de la RTBF sur les missions spécifiques au service public... plutôt que d'être confrontée au spectacle désolant d'une lutte éperdue avec la concurrence privée sur des terrains où celle-ci est, de toutes façons, plus aguerrie, qu'il s'agisse de radio ou de télévision.
Ce que j'ai lu, par exemple, de la récente conférence de presse de François Tron, monté en renfort "pour couper court "aux bruits qui circulent" sur l'émission The Voice me laisse à penser que le directeur de la Télevision ne se sent nullement interpelé ni enclin à la moindre remise en question.
"Une opportunité incroyable" qui va "faire taire les critiques non fondées" des "détracteurs" (...)
"Contrairement à ce que j'ai lu ou vu, sur cet outil de production, les équipes de la RTBF vont travailler : les équipes artistiques, les équipes culturelles, les équipes de productions, les équipes techniques. Nous avons acheté un format avec un producteur qui s'appelle Endemol et Talpa mais l'ensemble des équipes va travailler autour de ce projet".
http://www.rtbf.be/info/medias/detail_the-voice-une-nouvelle-emission-de-divertissement-bousculant-pour-la-rtbf?id=6389033
Personne, à ma connaissance, n'avait compris que la RTBF allait embaucher, pour la circonstance, des gens de chez Endemol...
Ce qu'on a bien compris, en revanche, c'est que ce format (de là, le substantif formatage) est fort peu propice à l'application du contrat de gestion, plus précisément de l'Article 48.
Article 48 - Créativité :
La RTBF veille par des mécanismes internes à soutenir la créativité culturelle et artistique et l'innovation technologique de son personnel.
http://www.fadilalaanan.ne
On le voit, tout est lié... et ce qui s'apprente à un saut du coq à l'âne ramène finalement, encore et toujours, au service public et à ses missions.
Vaste débat pour l'instant confisqué au citoyen.
"Soyons curieux" et voyons ce qui se cache derrière cette remise en question...
Mais ce sera probablement pour la fin du mois d'août.
D'ici là, tant d'eau peut couler sous les ponts, tandis que, tout en restant vigilant, chacun savoure ses vacances...
Je souhaite que les vôtres soient excellentes !
Cordialement,
Isabelle Marchal
Copies envoyées à :
Jean-Paul Philippot : jg@rtbf.be
Jean-Pierre Hautier : lpdirection@rtbf.be
Francis Goffin : dgradio@rtbf.be
Francois Tron : dirtv@rtbf.be
Source : Qui est qui à la RTBF ?
Cabinet de la Ministre de tutelle Fadila Laanan : info.laanan@cfwb.be
Jean-François Lauwens (adresse supposée correcte) : jean-francois.lauwens@lesoir.be
Libellés :
Endemol,
Fadila Laanan,
François Tron,
Jean-Paul Philippot,
Jean-Pierre Hautier,
jeu des dictionnaires,
The Voice,
Yves Bigot
mardi 28 juin 2011
Un grand NON à l’émission « The Voice » à la RTBF - Un grand OUI au Service public !
La pétition
A l'attention de : Jean-Paul Philippot, Administrateur général de la RTBF et son Conseil d'Administration, ainsi que la Ministre Fadila Laanan
[Avant de signer cette pétition, prenez bien connaissance de l'ensemble du texte ci-dessous et n'hésitez pas à poster des commentaires si vous souhaitez appuyer ou nuancer l'un ou l'autre de ses points. Cette pétition s'attache notamment au fait que The Voice est une émission formatée et importée ne permettant pas aux professionnels de la RTBF d'exprimer leur créativité, leur originalité, leur potentiel. Elle ne constitue cependant pas une fin en soi : créée par quelques téléspectateurs et citoyens attentifs et conscients du rôle des médias dans notre société, elle propose une réflexion plus large sur le service public. Il ne tient qu'à vous que cette réflexion devienne également la vôtre.]
Un grand NON à l’émission « The Voice » à la RTBF - Un grand OUI au Service public !
Nous avons appris le projet de la RTBF d’acheter à la firme Endemol le format de son émission «The Voice». Nous constatons, et le fait n'est pas neuf, que cette annonce intervient à la veille des vacances, tablant sans aucun doute sur la baisse d'attention du citoyen ainsi que sur sa faible capacité de mobilisation en cette période pour le placer devant le fait accompli à son retour de congés. Cette stratégie n'honore pas ceux qui la pratiquent, encore moins quand il s'agit d'une stratégie à répétion... (voir tout récemment le Jeu des Dictionnaires et la tranche 16h-19h de la Première "pas encore fixée")
Fadila Laanan, Ministre de tutelle de la RTBF défend son projet en ces termes :
« La ministre a rappelé l’autonomie dont dispose la RTBF, ainsi que la présence des divertissements dans ses missions de service public. Parlant de « grand divertissement familial dont les valeurs semblent a priori saines ».
Nous espérons que l'examen du dossier a dépassé le stade du simple "a priori".
Nous déplorons qu'il soit fait appel aux « missions de divertissement » du service public pour justifier l'achat de ce programme "clé sur porte" à une société privée. Ce type d’émission est, du reste, à rapprocher plutôt de la télé-réalité que du divertissement et le Contrat de gestion de la RTBF ne prévoit aucune mission en ce sens.
Nous tenons à rappeler à la RTBF qu’elle s’est déjà fait épingler par le CSA pour avoir classé son émission «C’est du belge» (le « magazine de l’excellence » qui nous parle de la famille royale) dans ses missions «d’éducation permanente»… Elle n’en est donc pas à son coup d’essai en matière de confusion des genres.
Constatant que la préoccupation essentielle de la RTBF est aujourd’hui de « faire de l’audience » pour attirer les annonceurs publicitaires, nous tenons à signaler à Madame la Ministre et à Jean-Paul Philippot, Administrateur délégué de la RTBF, le très net « essoufflement » constaté dans les audiences de TF1 pour ses émissions de télé-réalité. Tout passe, tout lasse, tout casse.
Nous leur rappelons également qu’en mars 2007, JF Lauwens, journaliste au Soir et spécialiste de la RTBF, s’exprimait ainsi dans une interview :
« Un cas récent, et qui est très révélateur, c’est RTL TVI qui a voulu lancer une version belge de la Star Academy. RTL a directement stoppé l’expérience après un an parce que le public comparait l’émission belge avec celle de TF1. C’est comme si RTL avait une Lada et TF1 une Ferrari…»
La RTBF n'est-elle pas sur le point d'acheter une vieille guimbarde au prix d'une Ferrari, fût-elle d'occasion ?
Nous ne doutons évidemment pas que l'émission The Voice fera l'objet de nombreuses interruptions publicitaires. Est-ce cela que Fadila Laanan appelle un « grand divertissement familial dont les valeurs semblent a priori saines » ?
« Il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation (...) de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. »
Ainsi s'exprimait Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1. La chaîne annonce d'ailleurs le même programme pour début 2012... mais avec à coup sûr d'autres moyens que la RTBF. De quoi provoquer rapidement une "fuite des cerveaux disponibles" dès que TF1 entrera dans la danse...
« Les téléspectateurs ne reconnaissent plus la RTBF pour ce qu'elle devrait être: ce n'est plus une télévision culturelle, intelligente, dérangeante, drôle."
C’est le constat que faisait (déjà) Hugues Lepaige en février 2005 dans un numéro de la revue Politique intitulé « RTBF : L’être ou le néant »
Nous rappelons qu’un document appelé pompeusement la Charte de l’Identité et des Valeurs de la RTBF (sorte de « folder publicitaire » de la RTBF, sans aucune valeur juridique) commence par ces mots :
« Fidèle à sa mission de service public, la RTBF a comme objectif de s’adresser à toutes les audiences, à leur curiosité, à leur capacité d’étonnement et de rêve, à leur intelligence. Nous voulons répondre à leurs intérêts et à leurs besoins sociaux et culturels, refléter leurs émotions (…)
Ainsi, nous voulons marquer la différence.»
Dans le cas de l'émission The Voice, peut-on nous indiquer où est la différence ?
Il est vrai que le seul document qui engage réellement la RTBF est le Contrat de gestion et qu’il contient 14 fois la formule « dans la mesure du possible » et 7 fois « selon une (des) périodicité(s) décidée(s) par son Conseil d’Administration."
Autant dire que ça ne l’engage pas à grand-chose…
Ce contrat de gestion arrive à échéance fin 2012 et sera rediscuté à partir du mois d’octobre 2011. Il serait peut-être sain, voire naturel, d'associer les citoyens, actionnaires à 70% de la RTBF, à son processus d’élaboration afin que le détricotage du service public, entamé voici plusieurs années maintenant, ne se poursuive pas davantage et puisque, de toute évidence, les mandataires qui sont censés nous représenter dans ce dossier ne représentent plus qu'eux-mêmes et quelques intérêts de moins en moins publics et de plus en plus privés... à l'image de l'argent qui sort de notre poche à tous pour finir dans l'escarcelle de la société privée Endemol. Et on nous parlera ensuite de faire des économies !
En attendant, et concernant l’émission clé sur porte The Voice… C’est NON ! Faisons plutôt appel à nos talents, et il y en a : donnons-leur l'opportunité de pouvoir exprimer leur pleine mesure.
Et s'il devait s'avérer, dans les jours ou les semaines qui viennent, qu'il est déjà trop tard parce que vous auriez opté pour la politique déshonorante du (for)fait accompli, nous signalons à ceux qui le souhaitent qu'il serait encore temps d'écrire, comme ils en ont le droit, à mediationrtbf@rtbf.be (pas de lettre-type, ce serait considéré comme un spam).
Nous espérons que le service de médiation jouera son rôle, au lieu de se borner, pour toute réponse, à l'envoi d'une lettre-type (spam ?) où sont consignés les mots, les modèles de gestion et les choix déjà entérinés de la direction de la RTBF avec l'assentiment et l'appui de son pouvoir de tutelle.
Des actionnaires attentifs de la RTBF
Pétition
[NB pour les signataires de la pétition : à la rentrée, restez informés des suites de ce dossier et n'hésitez pas à relancer la pétition auprès de vos amis et à en parler avec eux dès que le sujet revient dans l'actualité. Soyons tenaces, y compris et surtout au moment où l'émission sera lancée, à grand renfort d'auto-promo (il se confirme que ce serait pour le mois de novembre). La RTBF espère que les gens vont se fatiguer, c'est donc le contraire qu'il faut faire : continuer de mettre la pression avec, en point de mire, un service public digne de ce nom, en partant des programmes les plus légers aux programmes les plus graves, mais portant tous la marque de la qualité et de la différence.] (Paraphe ajouté le 28/06/11)
Libellés :
Fadila Laanan,
Jean-Paul Philippot,
non à la fin du jeu des dictionnaires,
Pétition,
The Voice
mercredi 22 juin 2011
Télé - réalité et carrière artistique ??
La ministre de la Culture Fadila Laanan défend le projet de la RTBF d’acheter à la firme Endemol le format de son émission «The Voice»Une adaptation ertébéenne de "The Voice" est en négociation et suivrait le canevas d’Endemol : quatre chanteurs confirmés seraient amenés à sélectionner et à former (en 17 semaines), 56 « talents » issus de la Communauté française.
Selon Madame Lanaan, qui parle de "grand divertissement familial dont les valeurs semblent a priori saines,l’apport d’une formation pour ceux qui souhaitent se lancer dans une carrière artistique n'est pas à négliger".Je me permets d'en douter ... Si téléréalité rimait avec culture artistique cela se saurait depuis longtemps ! En tout cas, téléréalité ne rime pas avec service public.
Tout bien réfléchi, téléréalité ne rime à rien ...
Pour plus d'infos voir l'article du Soir
Pétition :
Un grand NON à l’émission « The Voice » à la RTBF - Un grand OUI au Service public !
Libellés :
Endemol,
Fadila Laanan,
Jeholet,
Pétition,
The Voice
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